#4 Défi – Les 5 choses à faire pour commencer votre potager

Salut les jeunes pousses,

C’est le quatrième article de la série consacrée à notre défi création d’un potager en permaculture  (cliquez dessus pour le découvrir). Bon, le défi à commencé d’un point de vue de ce blog, mais comme vous l’avez compris, notre nouveau potager n’a pas encore démarré puisque nous n’avons pas encore déménagé !

Le premier article sur notre démarrage, devrait être le premier article de 2019 ! En attendant, cet article essaie de répondre à une question simple : par quoi commencer quand on créé un potager ?

1. Pourquoi commencer par le plus facile ?

Pour arriver à commencer

Il faut commencer par le plus facile, d’abord pour ne pas que vous restiez au stade de projet. Si vous n’avez jamais vraiment jardiné, et que vous projetez de faire une baissière* sur 20m en déplaçant 18 tonnes de terre, il y a fort à parier que vous ne ferez rien du tout.

Pour éprouver du plaisir même après quelques mois

De plus, quand nous démarrons quelque chose, nous avons un élan de motivation, une excitation de découvrir la nouveauté, une addiction à l’apprentissage.
Mais il est possible que tout cela s’estompe assez vite, avec l’habitude. Et si nous avons une baisse de motivation, à un moment où il n’y a pas encore le résultat gratifiant que nous attendions, mais qu’il y a plein de choses à faire en même temps, nous prenons le risque d’être déçu, au point de laisser tomber.
Donc commencez par exemple par des tomates, du basilic, des salades, et éventuellement des fleurs (Souci, Capucine, Oeillet d’Inde).

2. Plants ou semis ?

Il y a trois possibilités :

Quand on débute, on part des plants :

Les plants, sont déjà en terre, prêts à être plantés. Vous pourrez soit vous les faire offrir par votre ami voisin qui a fait trop de semis, soit les acheter au marché, ou en pépinière.
Anticipez cette étape, c’est à dire sachez à l’avance à quelle date vous auriez besoin de plants, toujours en demandant à ceux qui le savent déja autour de vous, et puis voyez si vous pourrez en récupérer, et si non, renseignez vous sur les lieux de ventes.
Plants de tomates

Semis

Il est aussi possible de partir de graines, que vous planterez vous même en terre, ou dans des petits godets remplis de terreau.
Ces graines vous pourrez vous les faire offrir par un ami voisin qui en récupère chaque année sur ses plants, ou bien à la grainothèque la plus proche de chez vous.
Vous avez aussi la possibilité de les acheter sur internet.
Semis qui sortent du terreau

Vos graines

 

Où bien on part de ses propres graines, mais si vous débutez, en général vous n’en avez pas. C’est ce que nous vous recommanderons de faire par la suite.

En effet, vous récupérerez les graines des plants qui se sont le mieux senti au sein de votre habitat : l’exposition, la terre, l’humidité, le vent, votre façon de jardiner etc etc. Cela va très rapidement sélectionner naturellement les plants qui sont tout simplement les meilleurs plants du monde pour pousser ici.

 

Semis sur la table basse au printemps

 

3. Choisir le terrain de jeu

Choisir une zone au soleil, pas trop pentue et plutôt abritée du vent si vous avez le choix.
Disposez une épaisse couche de paille* sur votre future zone de culture (cliquez sur paille* pour accéder au glossaire)
Botte de paille dans le potager

4. Les outils

Pour commencer il vous faut quelques outils.
Pour vous aiguiller, voici les outils que nous utilisons dans notre potager :

La bêche à dent

C’est un outils très sollicité, la jonction avec le manche doit être profonde, le manche épais, et la partie en acier doit être forgée et épaisse. Ce qui en fait un outils lourd.
Cet outils sert à décompacter la terre sans la retourner, il est préférable de l’utiliser quand la terre est juste humide, c’est à dire ni sèche, ni trempée.
En effet, lorsque la terre est sèche, l’outils ne rentre pas assez, et s’il rentre, le risque de le tordre est bien trop grand.
Et quand la terre est trempée, l’outils colle et c’est très difficile. Il faut donc observer et choisir le bon moment pour bêcher 🙂
Bêche à dent

La houe

La houe est une petite pioche plate et légère qui sert souvent pour décompacter des mottes ou déplacer de la terre sur quelques dizaines de centimètres.

 

Houe

Le rateau

Le rateau sert dès que l’on souhaite rassembler de la terre ou des cailloux, aplanir une zone, etc.

Mais quand il s’accroche sur un côté et que progressivement il prend du jeu dans sa maigre jonction avec le manche, c’est très triste. Oooooh 🙁

Mais il est possible de renforcer votre rateau ! Aaaaaah 🙂

Rateau

Depuis que j’ai fait ça, il est robuste comme une pioche 😉 deux perçages et du fil de fer, et le tour est joué.

La pelle

Utile pour déplacer des cailloux, de la terre, charger la brouette …

 

Pelle

La pioche

L’outils du bourrin par excellence. Ce n’est pas l’ami des permaculteurs, mais il reste très utile pour se défouler, pour enlever un gros caillou, ou taper dans de la terre vraiment trop dure.

Pioche

La masse

Contrairement aux apparences, la masse peut s’utiliser en douceur. En effet, grâce à son poids, elle permet d’enfoncer des poteaux dans la terre facilement ! Cela n’est pas forcément utile, ça dépend de la faune environnante, et donc de votre besoin de clôturer ou non.

 

Masse

5.L’arrosage

L’arrosage ne se fait jamais par aspersion (un grand jet d’eau en l’air).
L’aspersion mouille beaucoup les feuilles, pas beaucoup le sol, alors que l’objectif c’est de mouiller le sol, mais pas beaucoup les feuilles (l’humidité favorise les maladies et la prolifération de certains insectes non invités).
Nous avons expérimenté l’arrosoir, le tuyau, le réseau de tuyau, le goutte à goutte.
Nous irons de plus en plus vers l’arrosage naturel (parfois appelé à tort “pas d’arrosage”, mais c’est plus subtil que ça, nous y reviendrons quand nous ferons notre potager 3).

L’arrosoir

Je pense que pour commencer, l’arrosoir suffit. Par contre il ne faut pas avoir à faire 30m avec l’arrosoir rempli. Vous devez rapprocher le point d’eau de vos plants, et permettre un remplissage simple de l’arrosoir.
Par exemple vous planterez un piquet sur lequel un robinet sera alimenté par le tuyau. Ainsi vous pourrez remplir l’arrosoir peinard.

Le tuyau ou réseau de tuyaux

 

Tuyaux d’arrosage au potager

En fait si vous n’avez qu’une seule ligne, un tuyau fait bien l’affaire. Mais dès que vous aurez plusieurs lignes, le tuyau est assez pénible car il a une fâcheuse tendance à vous suivre et écraser les plants qui sont derrière vous.

A vous de voir avec votre configuration.

Quand ça devient grand, il est possible de faire un réseau de tuyau, avec du tuyau éventuellement rigide, et des vannes ou robinets aux extrémités pour pouvoir arroser sur quelques mètres.
Mais voilà, c’est tout de suite compliqué alors qu’au début ça n’est pas sûr que ce soit utile, donc ne commencez pas par ça 😉

Le goutte à goutte programmable ou non

C’est très pratique, et cela permet de s’absenter plus facilement qu’avec un arrosage à l’arrosoir, mais pour débuter, il me semble que ce n’est pas la priorité, surtout dans une optique de permaculture.

D’autant que ce n’est pas très facile d’installer tout ça, autant commencer par le travail du sol et des légumes eux-mêmes.

 

Goutte à goutte

Arrosage naturel

L’arrosage naturel c’est le fait de ne pas apporter d’eau artificiellement. Par contre, nous allons chercher à utiliser toutes les formes d’eau disponibles, à les capter, les stocker, et ne plus la laisser partir.

Ce sujet sera développé au cours de la création de notre potager 3 !

 

Bon démarrage à tout ceux qui se lancent !

A très bientôt, on attends vos questions et commentaires en dessous de l’article, et partagez le avec vos proches, ça pourrait les intéresser 🙂

 

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4 réflexions sur « #4 Défi – Les 5 choses à faire pour commencer votre potager »

  1. Bonjour Cedric et Marion, et bravo pour votre belle initiative!
    La passion y est , c’est le principal, l’observation aussi, indispensable pour engranger de l’expérience et adapter ses choix.

    Pour en venir aux outils, il manque peut-être les deux les plus indispensables pour moi :
    – la grelinette qui détasse le sol 4 fois plus vite que la fourche-bêche (que je n’utilise plus que pour l’arrachage de certains légumes et pour la plantation d’arbustes) avec le dos qui ne travaille plus en torsion (vital pour la fatigue)
    -le croc (à 4 dents courbes) indispensable pour affiner la terre de surface, mélanger doucement à la terre le compost créé par la décomposition du paillage de surface (sans l’enfouir!), préparer les lignes de semis etc…C’est quasiment le seul outil que j’utilise en permanence, le seul qui m’est vraiment nécessaire tout le temps.

    Quant à l’arrosage, climat méditerranéen, jardin en pente (pas le Top) vers le sud-ouest donc chaleur maxi, le goutte-à-goutte serait l’idéal sous paillis d’été (paillis indispensable), bien plus que l’arrosoir qui trompe son monde en pensant qu’on a mis assez d’eau, et qui tasse le sol en contrariant les arrosages suivants de par le coulinage dû à la pente…là il faut dépailler , biner, repailler, du travail difficile qui se rajoutera au quarante douzième arrosoir à porter.
    Le GAG est à utiliser peu souvent mais longtemps (plusieurs heures) pour mouiller en profondeur en laissant une surface sèche (une bonne façon de calmer les limaces) avec un rapport volume d’eau/efficacité remarquable, et sans aucune fatigue ni lassitude. Si vous partez en vacances vous arrosez une journée de long juste avant (sous paillis, j’insiste un peu) et vous partez tranquilles. J’utilise aussi en serre où c’est indispensable.
    Bonne continuation!

    1. Bonsoir Michel,

      Merci pour tout ces précieux conseils qui devraient en intéresser plus d’uns ! A commencer par nous 🙂

      On viendra probablement à la grelinette et au croc oui 🙂

      Pour l’arrosage on ne va pas s’avouer vaincu tout de suite, on va faire plusieurs méthodes, pour retenir l’eau au maximum et vraiment limiter l’évaporation. Je pense à un mix baissière – restanques, c’est à dire que l’eau sera piégée dans la baissière et irriguera en profondeur la zone de culture, mais lors des gros orages les baissières débordent et alimentent une mare en contre-bas. Cela protège du ravinement les zones de cultures, cela ne nous oblige pas à avoir un sol drainant et en pente comme dans les restanques traditionnelles, réservées à des cultures qui ont moins besoin d’eau que les légumes.
      Après selon les zones nous créerons des zones d’ombres, soit avec des canisses, soit avec des murs en terre-paille, pour créer des microclimats.
      Nous pensions de toute façon à utiliser des structures pour accrocher les tomates comme nous le faisions déja, et à ajouter des protections contre la grêle, pour limiter les pertes quand il y a de fort épisodes grêleux… Qu’en pensez-vous ? Avez vous d’autres techniques ?
      A bientôt

      1. Un mix baissière – restanques… joli projet…mais pour un sacré chantier! ,

        Le principe est intellectuellement attrayant , l’efficacité ne sera pas systématique si c’est pour faire un potager, vous le signalez vous-même, valable d’abord pour des plantations à racines profondes.
        Pour des légumes, ce serait possible de faire partir de la baissière des petits drains agricoles (bouchés au bout) dans le sens de la pente à 40cm de profondeur (Un sur deux jusqu’en bas du potager et un sur deux bouché à mi-pente) pour irriguer à chaque pluie par en dessous , sans perte d’eau dans la baissière par évaporation ,
        car bcp de légumes demandent un peu d’humidité en continu , alors que la surélévation du sol par la restanque favorise l’inverse.
        De plus si sécheresse de plusieurs semaines, baissière ou pas c’est mort pour des légumes courants sans arrosage complémentaire…Un GAG sous paillage ferait tout çà avec 20 fois moins de boulot, un résultat immédiat…et un coût proche du nul par rapport à celui d’une restanque…même si un muret c’est joli…Après çà, faire les deux, pourquoi pas…si vos manches sont remontées…

        Le piège (et les échecs éventuels) de bcp de néojardiniers est qu’ils sont tentés de soumettre leur environnement , leur sol , leurs modes de culture à une théorie (souvent permaculturienne par les temps qui courent, j’y adhère aussi) présentée comme incontournable, alors que l’impératif serait…de faire l’inverse , de soumettre et d’adapter d’abord cette théorie à son environnement et à ses propres conditions de culture. Chez moi (en Artois) la permaculture ne peut pas être la même que chez vous si je ne l’adapte pas. A chacun de bien faire le tour de tout avant de faire ses choix. L’expérience nous y ramène de toutes façons.
        Bien amicalement
        Michel

        1. Bonjour Michel,

          Merci pour ce retour une nouvelle fois très intéressant.

          Je suis tout à fait en accord avec votre alerte sur le piège des solutions universelles. Nous travaillons à ne pas tomber dedans !

          Nous avons d’ailleurs du nouveau depuis que nous sommes allés sur le terrain lors de forte pluie : En fait le sol est très drainant. Là où nous avions au même moment des flaques et de la boue dans notre ancien lieu, là le sol était “sec”, pas de boue sous les chaussures !

          Il n’y a pas de ruissellement en surface donc pas vraiment de risque d’érosion aujourd’hui, et pas de quoi alimenter des baissières.

          De plus, quand il pleut ça ne me semble pas vraiment utile d’apporter de l’eau en supplément aux zones de cultures. Donc pour démarrer nous ne mettrons pas de drains destinés à l’irrigation sous-terraine, même si l’idée me semble très bonne.

          En outre, la pente n’est pas si forte que ça, donc nous n’avons pas autant besoin de créer des restanques que ce que j’avais imaginé.

          Donc on va commencer par réaliser de petites zones de cultures entre les bosquets, en faisant un coffrage en botte de paille légèrement enterrée, qui permettra de conserver un taux d’humidité dans la terre. Peut être qu’un arrosage sera nécessaire lors des périodes prolongées de sécheresse, mais nous allons surtout essayer de sélectionner nos plans qui se satisfont de peu d’arrosage.

          En complément, nous essaierons je pense de stocker de l’eau de pluie qui vient de la toiture, le sujet est en cours de réflexion.

          Quoi qu’il en soit, nous ferons un stock tampon d’eau pour arroser avec de l’eau à température ambiante plutôt que froide.

          Nous avons mis un nouvel article sur les plantes observées sur le terrain n’hésitez pas à y jeter un oeil 😉

          A bientôt Michel.

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