Ca y est, l’abeille Reine naît aujourd’hui !

Le premier essaim des Jeunes Pousses : comment a-t-on procédé ?

Deux solutions se présentent pour la reproduction des abeilles :

– soit elles dédoublent elles-mêmes leur essaim, d’avril à juin généralement, en chassant la vieille reine de la ruche. Celle-ci entraîne avec elle une bonne moitié de la colonie. La partie restant dans la ruche crée une nouvelle reine à partir du couvain en place (dans les faits les cellules de reine sont fabriquées avant le départ de la vieille reine, donc par anticipation).

– soit c’est l’apiculteur qui crée des essaims « artificiels » en prélevant des cadres de couvain avec de jeunes abeilles, sans prendre la reine d’origine. Ces essaims, à partir de très jeunes larves présentes dans le couvain, vont à leur tour fabriquer leur nouvelle reine. Pour l’apiculteur cette manipulation permet de renouveler le cheptel mais aussi d’éviter l’essaimage naturel qui signifie pour lui une perte de la production de miel, le temps que les essaims se reconstituent. Il cherche aussi à éviter de perdre l’ancienne reine qui est souvent de valeur (une reine fécondée coûte de 25 à 50 euros en moyenne, avec des prix dépassant 200 euros pour les sélections inséminées).

Articles précédents sur le sujet également :

Installer des ruches : l’essaimage

 

Les Jeunes Pousses ont procédé à la création de leur premier essaim le 8 mai, courageusement malgré un temps mitigé peu propice à l’ouverture des ruches et qui a généré quelques petites impatiences de la part des abeilles…

 

Connaissances préalables :

1- les cycles de développement :

– Le cycle de développement des abeilles ouvrières, de l’œuf à la naissance, dure 21 jours. Les cellules contenant les larves sont operculées (fermées avec un bouchon de cire) à partir du 10ème jour, pour permettre la transformation de la nymphe. Les abeilles naissent 11 jours plus tard.

– le cycle de développement de la reine, de l’œuf à la naissance, dure 16 jours. La cellule est operculée le 9ème jour, la reine naît sept jours plus tard. Soit le 24 mai.

 

2- qu’est-ce qui différencie la transformation d’une jeune larve en ouvrière ou en reine ?

Tous les œufs éclosent au bout du troisième jour, et deviennent des larves. Celles-ci sont toutes nourries par les jeunes abeilles pendant les trois premiers jours suivant l’éclosion, avec de la gelée royale. Ensuite les larves destinées à devenir de futures ouvrières, et les mâles, sont alimentés avec de la pâtée de miel et de pollen. Quant aux futures reines, elles seront exclusivement nourries de gelée royale, jusqu’à leur mort. C’est uniquement cette différence de régime alimentaire qui oriente le développement morphologique de cet animal, et aussi sa longévité : les ouvrières sont stériles, et vivent 3 à 4 semaines l’été, et jusqu’à 6 mois l’hiver dans la ruche ; alors que la reine  est dotée d’un appareil sexuel et peut vivre jusqu’à 5 années.

 

En fonction de ces constats, il nous faut donc le « matériel » suivant pour constituer un essaim orphelin capable de fabriquer sa reine :

1 – du couvain operculé, dont naîtront des nourrices au cours des 10 jours suivants (nous avons vu une naissance le jour du prélèvement). Ces jeunes abeilles, dont l’un des premiers métiers est la fabrication de la gelée royale et l’entretien des larves, géreront immédiatement le couvain ouvert.

2-  du couvain « ouvert », comprenant impérativement des larves de moins de trois jours, à partir desquelles les nourrices, en les alimentant uniquement à la gelée royale, pourront créer leur reine. Si, lors d’une création d’essaim artificiel, il n’y a pas de larves de moins de trois jours, l’essaim n’aura pas de possibilité de faire sa reine.

3- pour alimenter cette nouvelle colonie, on prélève aussi un cadre de miel, pour l’énergie, et un cadre de pollen, pour les protéines nécessaires au développement des larves. Le jour de notre prélèvement, il y avait peu de pollen dans la ruche, nous avons donc donné un peu de pâtée « maison », constituée de pollen, de miel, de levure de bière et de farine de châtaigne, pour booster nos bestioles !

4- les autres cadres de la ruche (8 par hausse pour notre modèle Warré) sont constitués de cires gaufrées que les abeilles vont « tirer » pour faire des rayons.

5 – Deux à trois semaines suivant la création de cet essaim, il sera nourri avec un sirop de sucre (50%eau + 50% sucre en poudre + cuillère de vinaigre de cidre + un peu de miel si possible) afin de le consolider et favoriser la création de cire).

Photo d’un apéro le matin :

Rencontre avec la fierté après un presque-burn-out.

Un job d’ingénieur

Je travaillais chez Vinci Construction en tant que conducteur de travaux, bien que je n’y connaissais rien en bâtiment d’ailleurs.

 

J’avais 27 ans, et je me demandais comment ça se faisait que je dirigeais un chantier de construction alors que j’avais fait une école d’ingénieur en génie mécanique moi.

 

Je passais beaucoup de temps dans mon bureau, dans la baraque de chantier des chefs, à faire des papiers, recevoir des gens, commander des matériaux.

 

Mais je ne comprenais pas grand chose à ce que les gars faisait concrètement sur le chantier. Je ne comprenais ni leurs problèmes, ni leurs solutions. Je ne connaissais que les chiffres. Il fallait couler 30 mètres linéaires de banches chaque jour, et tant de mètre carré de plancher béton. Il fallait que la grue tourne en permanence sinon c’est qu’on perdait du temps quelque part.

 

Malheureusement, je n’apprenais jamais vraiment à faire les choses, à régler des banches, poser des mannequins pour réaliser les ouvertures dans les murs, ferrailler, coffrer, reprendre le béton avec du mortier. Je restais surfacique dans la technique.

 

Le stéréotype du supérieur hiérarchique incompétent en fait.

 

J’ai pourtant insisté pour faire un stage sur chantier (ce serait le minimum !), mais non, refusé.

 

Cupidité

Ce genre de chantier est le rendez-vous de la cupidité. Les allées et venues de patrons et autres  responsables avec comme unique mot d’ordre : la rentabilité et le profit.

 

Absence totale d’autres paramètres dans les choix, ne serait-ce que la qualité de réalisation, par conscience professionnelle ou réputation d’entreprise, non.

 

Il faut aller au plus vite, soigner ce qui se voit uniquement.

Ou est passée la fierté ?

Ajouté à cet inconfort, j’avais de plus en plus la conviction qu’on pouvait faire des logements avec moins de débauche d’énergie.

 

Moins de pollution, et plus de respect de l’être humain. Il fallait voir, les mètres cubes de béton chaque jour, les tonnes de ferraille venues d’Italie, tout les matériaux industriels et leurs déchets associés, les colles, les produits chimiques par centaines de kilos, les gens sous-payés, les sous-traitants qui mettent la clef sous la porte tellement la négociation les as emmenés bas. Ca me décevait et m’attristais profondément.

Esprit critique

En fait j’avais un profond besoin de comprendre, d’être convaincu qu’il n’était pas possible de faire autrement.

 

J’avais un sentiment désagréable de lâcheté et de culpabilité à collaborer à un projet d’entreprise comme celui de Vinci Construction.

 

En somme, les conditions de travail étaient assez bonnes, les moyens techniques assez impressionnants, cependant d’un point de vue humain et écologique, je trouvais cette entreprise naze ! Fleuron national … mouais ! C’est ça la crème de la crème ? C’est la France ? C’est le top de ce que sait faire l’humain ? Pfff ! Pas sûr moi …

creativité

Avant de me cramer en vol, je suis parti. In extremis. En effet, à la fin je n’arrivais plus à décrocher le téléphone, je n’arrivais plus à répondre aux mails, j’étais un peu tremblant, fébrile et affaibli. Bref, sur une pente glissante d’un point de vue moral.

 

 

J’ai acheté une vieille bagnole utilitaire que j’ai aménagée pour y mettre un lit, c’était mon premier bricolage depuis des années, et le symbole d’une nouvelle liberté !

 

 

Je suis allé travaillé sur des chantiers de construction, bénévolement. J’ai commencé à apprendre à faire. A apprendre ce qu’est réellement le chantier. Ce que c’est d’être dehors, de porter du lourd, de s’adapter en permanence. J’ai découvert l’ossature bois, l’isolation en paille, et l’utilisation de la terre dans le bâtiment.

 

 

Ca m’intéressait tellement que j’ai fait une formation professionnelle de la construction paille.

 

 

J’ai un vague souvenir de ce moment où nos formateurs se sont présentés, ont parlé d’eux, de leurs parcours et de leurs motivations.

 

L’un d’eux, Sébastien, avait exprimé que son engagement dans des pratiques écologiques et sociales lui permettait de se regarder dans la glace chaque jour, et de pouvoir dire à ses enfants : “j’ai fait ce que j’ai pu !” si un jour ils venaient à lui poser des question sur le passé.

 

Ca m’a fait beaucoup de bien d’entendre ça ce jour là. Ça a ouvert un chemin qui ne s’est jamais refermé depuis … celui d’inviter, moi aussi, régulièrement la question :

 

Que puis-je faire pour être fier de ce que j’accomplis ?