Installer des ruches : l’essaimage

La suite de l’aventure, toujours avec notre apicultrice passionnée qui nous explique tout, merci Nathalie !

Printemps 2019 : les abeilles en grande forme !

La production de miel mais aussi l’essaimage ont démarré tôt cette année au rucher dont seront issus les essaims des Jeunes Pousses. La raison est climatique, mais aussi liée à certaines souches de nature très essaimeuse qui avaient été piégées au printemps dernier.

Comment ça se passe ? (petit rappel)

Certaines reines de plus d’un an ont quitté leur ruche (mi-mars cette année à Auriol), entraînant avec elles une bonne moitié de la population de l’essaim d’origine. On y trouve des abeilles de tous âges : des nourrices et des cirières n’ayant encore jamais quitté le domicile, des butineuses dont certaines sont encore chargées de leurs ballots de pollen, mais aussi des mâles, les faux-bourdons, qui serviront de « climatiseurs » pour réchauffer ou rafraichir le nouveau nid. Ainsi doté, l’essaim d’essaimage est prêt (en principe) pour rapidement refonder une colonie avec une population complète.

Juste avant leur départ, les avettes se sont gavées de miel afin de tenir le coup quelques jours et surtout d’avoir assez d’énergie pour recréer des rayons de cire une fois le nouveau nid trouvé. C’est la raison pour laquelle il n’y a quasi pas de risque de piqure avec ce type d’essaim (sauf si on met les mains dedans brusquement… (>>  du vécu L), car il est lourd de son chargement de provisions, et aussi stressé car littéralement en danger de mort : en effet si très rapidement après sa sortie il ne trouve pas de nouveau logis, il est voué à une mort certaine. Il est estimé que moins de 25% d’essaims non récupérés par les apiculteurs sont estimés viables.

Une fois sorti de sa ruche, l’essaim s’agglutine rapidement sous forme de boule, accroché à une branche d’arbre ou tout autre support, à quelques mètres seulement de son lieu de départ. Il peut rester ainsi de quelques dizaines de minutes à quelques heures. Dans cette boule les abeilles sont calmes, la reine est protégée dans cette masse, et on peut observer sur la périphérie des abeilles qui vibrent, se « secouent » frénétiquement en formant des cercles. Il s’agit des éclaireuses, qui ont pour mission de trouver un nouvel abri à la colonie en inspectant une superficie d’une soixantaine de km2 alentour.

Quand l’une ou plusieurs d’entre elles dénichent un endroit, elles reviennent sur l’essaim pour communiquer les coordonnées « GPS» du lieu en vibrant tout en marchant en surface du groupe. Cette modalité est aussi utilisée dans la ruche quand les butineuses indiquent aux ouvrières la localisation d’une zone de miellée, de pollens ou d’eau.

 

La démocratie chez les abeilles

La particularité de l’organisation des abeilles lors de l’essaimage _ mais pas seulement _ réside dans sa forme très démocratique. En effet, si plusieurs éclaireuses identifient des endroits différents, elles se trouvent en concurrence pour convaincre la colonie. D’autres éclaireuses vont alors se déplacer vers les lieux indiqués, pour vérifier les informations, et c’est en fonction de la réaction positive du plus grand nombre de ces éclaireuses que l’ensemble de l’essaim fera son choix : ainsi la majorité l’emporte.  Notons que les choix des abeilles en tant qu’individus se font uniquement dans l’objectif du bien commun, lié à la survie de l’ensemble, nous sommes donc bien dans une forme de véritable démocratie !

Les éclaireuses accompagnent ensuite l’essaim pendant son vol, le canalisant vers sa destination.

Voici un ouvrage très intéressant sur le sujet, où non seulement les décisions collectives des abeilles ont été étudiées, mais aussi des comparaisons avec d’autres espèces, dont les mammifères, sur les similitudes dans leurs stimulis neuronaux :

https://www.quae.com/produit/1427/9782759226016/la-democratie-chez-les-abeilles

 

 

 

 

Il existe plusieurs sortes d’essaimage naturel :

Quand la vieille reine fait partie du voyage, on appelle cet essaim un « essaim primaire ». Mais il arrive que d’autres essaims, plus petits, partent les jours suivants de la même ruche, accompagnant une reine qui vient tout juste de naître. Ce sont des essaims « secondaires », voire « tertiaires ». Dans ces cas-là, les reines sont vierges, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas eu le temps de procéder à leur vol nuptial pour être fécondées, et devront donc effectuer celui-ci une fois le nouveau domicile trouvé.

La raison de ce type d’essaimage est due au fait que la première reine vierge née juste après le départ de l’essaim primaire (avec la vieille reine) n’a pas tué toutes ses sœurs, comme c’est normalement le cas, car elle en a été empêchée par l’essaim. Les raisons sont liées à une instabilité climatique qui peut avoir retardé le départ prévu de la vieille reine, et donc maintenu l’essaim en état de « fièvre essaimeuse ».

 

Quelles solutions pour l’apiculteur ?

Pour limiter l’essaimage, car il affaiblit les essaims de production, pour les professionnels, et peut entrainer la perte des reines de sélections, pour tous, l’apiculteur effectue des contrôles hebdomadaires de ses ruches afin de vérifier la création ou pas de cellules royales. S’il en trouve il les détruit, ou peut les récupérer pour les intégrer dans des ruches orphelines. Mais l’essaimage naturel peut aussi être limité en amont, en créant des « essaims artificiels » : dans ce cas, c’est l’apiculteur qui dissocie les essaims et génère la création de nouvelles reines, avant que la nature ne le fasse.

 

Le rucher des Jeunes Pousses : démarrage dans les 15 jours à venir !

C’est la méthode qui va être utilisée d’ici fin avril pour la création des deux premières ruches du rucher des Jeunes Pousses. On va filmer la manip, ne ratez pas l’expérience J !

Vidéo – Terrien ou Destructeur ? L’histoire d’un jeune ingénieur, en présence de Delphine Batho.

A la fin du mois de janvier, en milieu de matinée, j’arrive dans la petite cuisine au boulot. J‘ai eu l’impression que Yves (mon boss), m’annonçait une bêtise qu’il avait faite.
Mais vous savez la bêtise dont on est fier, celle qui confère à l’auteur en train de l’annoncer un petit sourire caractéristique.
En fait, il venait d’inviter Delphine Batho. Elle allait passer nous voir, et il faudrait lui présenter un des projets interne à l’entreprise, qu’on porte à plusieurs salariés, à vocation sociale et écologique.
Sauf que, pas vraiment gêné je le concède, je ne savais pas qui c’était moi Delphine Batho.
Et là hoooo ! Mais j’osais faire de la soi-disant permaculture sans savoir qui elle était ??
Oui.
Bon du coup j’ai lu le manifeste sur l’écologie intégrale qu’elle venait de publier pour savoir qui c’était.
Trois jours avant la venue de Delphine Batho, il est annoncé à toute la boîte que je présenterais Jeune Pousse Permaculture, cool ! Mais c’est short pour préparer !
Le jour J, on se fait une petite répèt’ autour de 11h30, sous les pins dehors devant la salle. Olivier et Raph enchaînent la leur. Mais moi je suis bloqué, calepin à la main. Je reste à chercher mes mots, à essayer de retomber sur mon raisonnement, savoir quand est-ce que je dois changer de diapo, c’est vraiment nul.
Raph me dit “Lâche ton calepin“, nooooon je n’y arriverai jamais, c’est dans 3h et on est au bureau, dans le brouhaha, je n’aurais jamais tout en tête.

3h plus tard, c’est mon tour, je me lance : Avant de vous souhaiter un bon visionnage, ayez en tête un retour que vous pourriez me faire dans les commentaires (ou par mail) :

Est-ce que ça a du sens pour vous ? Lequel ? Pensez-vous pouvoir vous faire plaisir en apprenant à savoir-faire ? Est-ce que vous aimeriez faire des choses mais que quelque chose vous en empêche ? C’est quoi ?

Vidéo – Pour planter des carottes, il faut … ? Hum ? Tamiser la terre

Cailloux et tamisage

Dans le cas de la carotte, il est important que la racine ne rencontre pas d’obstacles, comme des cailloux, car elle va avoir tendance à bloquer contre, ou bien à se diviser.

En tout cas, la croissance de la racine en volume sera ralentie, et comme c’est la racine que nous mangeons, c’est dommage.

Il faut donc mieux planter dans une terre tamisée. Pour tamiser on peut enlever les cailloux à la main comme au début de la vidéo.

Avantages de la technique à la main :

  • Peu physique
  • Pas besoin d’outils
  • Rapide à mettre en place
  • Peut être fait à plusieurs en même temps

Inconvénients de la technique à la main :

  • Long si on tamise seul
  • N’enlève pas tous les cailloux

On peut aussi utiliser un tamis comme dans la deuxième partie de  la vidéo.

Ici il s’agit de récup : on utilise la porte du poulailler provisoire !

 

Que l’on voit bien dans cette vidéo :

 

 

Une fois positionné dans la zone de culture en création, ça donne ça :

Avantage de la technique du tamis :

  • C’est plus rapide surtout si on tamise seul
  • Ca tamise beaucoup plus fin

Inconvénient de la technique du tamis :

  • C’est plus physique
  • Besoin d’un tamis (si c’est récup’ comme ici c’est cool)
  • Plus long à mettre en place
  • Pas très adapté au travail à plusieurs en même temps

Astuce : avec le tamis, il est possible de régler la grosseur des cailloux rejetés avec deux- trois paramètres, surtout les deux premiers :

  • La grosseur de maille du grillage, celui-là est intuitif.
  • L’inclinaison du tamis : si vous voulez tamiser plus fin que la grosseur de maille que vous avez à disposition, il suffit d’incliner plus : les petites pierres dévalent alors souvent jusqu’en bas, même si elles sont plus petites que la maille.
  • La longueur totale du tamis joue aussi : s’il est très long, la-dite pierre aura plus de chances de passer à travers 😉

Avant de tamiser, il faut enlever les gros cailloux, pour voir la vidéo, c’est ici :

Carottes

Dans le Guide Terre Vivante du potager bio[i], on peut lire que « La carotte apprécie les sols riches et plutôt légers. Attention : certaines variétés ne réussissent pas dans toutes les régions.

  • Dose de semis : 3-4g / 10m²
  • 900-950 graines / 1g
  • Production des Nantaises améliorées : 25-30kg/10m² »

La période de semis dépend des variétés.

Ici nous plantons des semences de chez Kokopelli[ii], association qui fait un travail remarquable en collaboration avec des producteurs, pour diffuser des semences reproductibles.

Ici il s’agit donc de Nantaise améliorée : https://kokopelli-semences.fr/fr/p/P0602-nantaise-amelioree (environ 3€ le sachet),

Elle se sème entre février et juillet, cela est écrit au dos du sachet de graines.

Evidemment, les chiffres sont à utiliser avec vigilance, par exemple on ne peut pas conclure qu’avec 4g, nous aurons 3600 carottes !

Déjà il y a un éclaircissage quand les plantes auront 3 feuilles, c’est dire qu’on ne conservera qu’un plant tous les 5cm. Et ensuite il a des pertes possibles à toute les phases.

En fait, si ça fonctionne, dans le cas de la carotte, nous serons déjà super contents, car pour l’instant on ne maîtrise pas le sujet. Mais si ça ne fonctionne pas, on pourra réessayer, autrement, en se renseignant, et en demandant conseil à d’autres jardiniers.

Autres informations indiquées sur la fiche de la semence, sur le site internet :

  • Période de récolte : Juin à Novembre
  • Culture : en serre
  • Exposition : ensoleillée
  • Besoin en eau : moyen
  • Nature du sol : tout type de sol
  • Qualité du sol : drainé, meumble, riche
  • Cycle semencier : bisannuel

Nous lirons vos question ou conseils avec plaisir dans les commentaires, à bientôt !

Cédric

 

 

 

[i] Jean-Paul Thorez et Christian Boué, Le Guide Terre Vivante du potager bio, cultiver, soigner, conserver, Editions Terre Vivante. P.160

https://boutique.terrevivante.org/librairie/livres/2676/guide-terre-vivante/458-le-guide-terre-vivante-du-potager-bio.htm

[ii] https://kokopelli-semences.fr/fr/page/qui-sommes-nous

 

Vidéo – Planter de l’Ail, et azote : industrie ou fabacées ?

Vidéo de plantation de l’ail et des fèves :

Ail

Pour planter l’ail, il suffit de séparer les gousses et de faire apparaître la jeune pousse. Jeune pousse que l’on positionnera vers le haut au moment de l’enfoncer dans la terre.

Une fois enfoncée dans la terre, faire un petit arrosage, puis humidifier légèrement de temps en temps. L’ail n’apprécie pas l’humidité permanente donc il faut y aller mollo.

Sur une zone on a paillé avec 5cm de paille, et une semaine après juste à côté on en a mis d’autres et nous n’avons pas paillé, c’est sorti dans les deux cas.

Donc il vaut mieux pailler, pour favoriser la vie du sol, y compris celle les bactéries dont nous allons voir une des raisons juste après.

Le paillage permet également de protéger le sol des intempéries, de l’érosion, des UV, de la création d’une croûte, de la pousse d’herbes non invitées (merci Claire, qui se reconnaîtra, pour ce terme juste !), etc.

Azote

Gérard Ducerf[i] explique que « Si les plantes photo-synthétisent d’énormes quantités de sucres (…) elles ont par contre beaucoup de difficulté à s’approprier les 1,5% d’azote, N dont elles ont besoin pour synthétiser notamment les acides aminés.

Elles sont donc obligées de passer par les services de bactéries aérobies du sol : les azotobacters et les bactéries nitrifiantes. Les unes fixent l’azote atmosphérique N2 et les autres le rendent assimilable par les plantes en le transformant en nitrates. »

Comment apporter ce précieux azote ? Ne pourrait-on pas se passer de ces bactéries ?

L’approche XXème siècle pour apporter de l’azote :

  1. Régulièrement utiliser des fongicides, bactéricides et insecticides pour être certain d’avoir nettoyé le sol.
  2. Fabriquer industriellement ce qui nous manque (usine à gaz) et le répandre :

On peut lire sur le site d’un industriel[ii] :  «Les engrais azotés représentent dans l’industrie mondiale 100 millions de tonnes de divers produits par an.

Les engrais azotés comprennent de nombreux types de produits liquides et solides, parmi lesquels les plus communs sont l’ammoniac (NH3), le nitrate d’ammonium et l’urée.

(…) Cela se passe à haute pression et température en utilisant le procédé de Haber (200-400 bars et environ 450 °C). L’ammoniac anhydre est stocké sous forme liquide sous pression ou réfrigéré.

Pour faciliter sa manipulation, il est souvent converti dans d’autres types d’engrais. Dans la première étape, l’acide nitrique est produit à partir d’un mélange d’ammoniac et air suivi de l’absorption de l’oxyde nitrique gazeux dans l’eau.

L’acide nitrique concentré (50 à 70%) et l’ammoniac gazeux sont ensuite mélangés dans un réservoir et une réaction de neutralisation se produit à 100-180°C, ce qui conduit au nitrate d’ammonium.

Un autre engrais azoté très utilisé est l’urée qui est produite par la réaction de l’ammoniac avec du dioxyde de carbone à haute pression. Le nitrate d’ammonium et l’urée peuvent tous les deux être ensuite concentrés et convertis en solides (pastilles ou granulés). Il est possible aussi de combiner l’urée avec une solution de nitrate d’ammonium pour fabriquer une solution d’urée de nitrate d’ammonium ou UAN. »

 

Ce processus n’est-il pas en train de nous proposer de produire du CO2 en forant la planète et en cramant du gaz pour nous vendre de l’air et de la pisse, sous forme assimilable par la plante ?

Est-ce qu’on a vérifié qu’il n’y a pas plus astucieux ?

Une approche durable pour apporter l’azote :

Dans un article de binette-et-cornichon[iii] (et oui là tout de suite ça fait moins sérieux ^^), on peut lire une brève et qualitative explication de l’alternative :

« Certaines plantes (ndlr Fabacées, ou légumineuses, particulièrement) ont la capacité de prélever l’azote de l’air et de le restituer dans le sol au niveau des racines. L’azote étant un élément fertilisant important avec le potassium et le phosphate.

En réalité c’est le résultat d’une symbiose avec diverses bactéries présentent dans le sol. Celles-ci infectent la plante au niveau des racines et forment des nodosités (…)

La plante fournie de l’énergie issue de la photosynthèse et des sucres. En retour, les bactéries fournissent des acides aminés. De l’azote est ainsi produit lors de ces échanges. Il se retrouve alors dans le sol ou stocké par la plante (1). »

Les fèves

Dans la famille des fabacées, qui poussent très bien, et qui se mangent, on a les fèves ! « Engrais vert » car fixatrice d’azote, elles distribuent de l’azote dans le sol pendant leur vie.

Elles apportent également de la biomasse aérienne et sous-terraine à une période où le potager a besoin d’être occupé. A sa fin de vie, ses racines, feuilles et branches se décomposeront sur place, et amendent le sol, tout en l’aérant (espaces vides laissées par les racines).

Cela favorise le cercle vertueux d’un sol vivant.

Rappelons que l’air atmosphérique est constitué principalement d’azote, environ 5 fois plus que d’oxygène : (78% de diazote, 21% de dioxygène , 1% d’autre gaz.

La solution du XXème siècle ne pouvait donc qu’être provisoire !

Frein politique versus action individuelle ?

Seulement voilà, la dure tâche de nos collectivités c’est de gérer leur budget, maintenir une économie en bonne santé. Et au XXème siècle, une économie en bonne santé c’est « la valeur totale de la production de richesse »[iv].

Sauf que récupérer de l’eau de pluie, planter des fèves, installer des ruches, et même aider quelqu’un, donner un concert gratuit, isoler sa maison en paille, manger des plantes sauvages, se déplacer en vélo etc etc. ne sont pas comptabilisés comme production de richesse dans ce PIB.

Ces actions de plus en plus populaires, doivent être COMPENSÉES quelque part, pour créer cette richesse qu’il manque pour alimenter la bête.

Ca m’attriste et me met en colère cette absurdité, je pense qu’on tourne autour du pot au lieu de prendre ce taureau par les cornes.

Les solutions techniques existent à 99% si nous observons bien, on a bien sûr encore quelques trucs à découvrir, mais le reste c’est juste de vaincre cette procrastination, c’est de s’y mettre et se fédérer autour de l’apprentissage, rejoindre les initiatives, ou associations existantes ; et rapidement, les collectivités viendraient en soutien aux initiatives citoyennes si la dynamique était plus forte.

Un démarrage possible à l’échelle individuelle, puisque ce n’est pas encore au programme officiel d’apprendre à vivre avec moins d’industrie (nourriture, logement, santé, gouvernance, etc : comment ça se fait ?), je crois que c’est d’apprendre à savoir-faire, pour diminuer notre poids, notre dépendance, en augmentant nos connaissances et nos actions sur les besoins basiques (eau, nourriture, logement, gouvernance, santé) et ainsi notre capacité à coopérer.

Et vous vous en pensez quoi? Dites-le en commentaires, merci.

Bonne journée !

Ps : « J’ai tellement appris de mes erreurs, que j’espère en faire d’autres » disait Bill Mollison[v], c’est relaxant 😊

Mais sachez que Damien Dekarz[vi] dit aussi avoir remarqué que les fabacées et alliacées poussent moins bien ensemble que séparément.

En général il sait de quoi il parle. Donc peut-être essayez de faire les deux, ensemble et séparé.

Ainsi, vous allez voir ce que ça donne chez vous. Ca me fait penser qu’on aurait pu en replanter ailleurs après avoir appris ce retour d’expérience, allez vite au jardin, il nous en reste à planter !

 

 

[i] L’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 1. Editions Pomotaure. Vol 1. https://www.promonature.com/produit/pack-3-volumes-de-encyclopedie-des-plantes-bio-indicatrices

 

[ii] http://guichon-vannes.com/engrais-azotes/

 

[iii] http://binette-et-cornichon.com/a/fixation-azote/

 

[iv] https://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

 

[v] Livre « Introduction à la Permaculture » de Bill Mollison, aux éditions Paserelle Eco http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1708

 

[vi] Livre « La permaculture au jardin mois par mois » aux éditions Terran https://www.terran.fr/permaculture-jardin-mois-par-mois-dekarz-livre-editions-terran.html

 

Vidéo – Cette configuration où la butte n’est pas adaptée à la permaculture

Avantage de la butte en bref

Le principe de la butte en permaculture est bien connue.

Et pour cause, c’est une approche très efficace, rapidement productive, et qui s’adapte à beaucoup d’endroit.

Seulement voilà, il est intéressant de comprendre pourquoi on ferait une butte, ses avantages, et ses inconvénients.

Vidéo à propos de notre expérience de terrain caillouteux

Objectif et priorités de la zone à créer ?

Donc revenons juste un pas en arrière, que voulez-vous faire ?

Vous voulez probablement créer un sol meuble, fertile, vivant, autonome ; c’est à dire qui entretient sa fertilité et qui n’a besoin de rien d’autre que la vie du sol, vos restes de cuisine, votre paillage et la biodiversité qui meure sur place.

Mais chaque configuration est différente, parlons-donc de la nôtre :

Terrain en pente vers le sud-ouest, très sec et très drainant, dans une région très ensoleillée, et exposée au vent sec (mistral).  

L’autonomie en eau de la zone de culture est clairement le défi le plus exigeant.

Pour tout le reste, y compris la facilité de mise en oeuvre au départ, une butte est plus facile.

Façonner son autonomie en eau ?

Ici la butte voudrait dire plus d’arrosage. Et plus d’arrosage ça veut dire plus de fragilité du système. Cela veut dire une zone de culture dépendante de notre arrosage quotidien l’été.

Plus généralement, cela veut dire une méthode de culture dépendante d’un réseau d’eau public.

En effet, aujourd’hui, nous faisons partie de l’immense majorité des citoyens à ne pas savoir vivre sans le réseau d’eau public.

Une culture humaine permanente est par définition solide, donc elle ne dépend pas de trop d’éléments fragiles.

Dans l’idée de contribuer aux savoir-faire permaculturels au sens que je l’entends, je préfère donc concevoir et construire des systèmes qui allègent notre poids, plutôt que des systèmes encore dépendants, fragiles, transitoires.

Vu le contexte écologique, et la transition en cours, quand on a le choix de contribuer à la résilience de notre mode de vie, plus souvent qu’on ne le pense, pourquoi se priver ? Méconnaissance, désespoir, flemme, déni, … ? 

Allez on y va :

CONCRÈTEMENT ON FAIT COMMENT ?

Le but premier, c’est donc de créer une zone dans laquelle on puisse faire pousser des légumes.

On ne s’en rend pas bien compte sur les images de chez nous, mais la pioche rebondit sur les cailloux un coup sur deux, parfois même sur la roche mère, c’est impressionnant …

Mais comme vous l’aurez peut-être pré-senti, ou vu dans la vidéo, dans cette zone plein soleil, nous n’avons pas choisi de faire une butte.

Pour revenir sur l’aspect “technique” du truc : Si une butte est réalisée sur une zone étanche ou à forte capacité de retenir l’eau (du béton, de la terre argileuse, une zone humide, etc) alors on a pas le soucis dont je parle ici.

Notre configuration c’est le contraire, notre sol est une passoire à flotte, même quand il pleut très fort, il n’y a pas une goutte d’eau sur le sol, ça s’enfonce immédiatement.

Maintenant qu’on a vu la quantité de cailloux, on comprends pourquoi. En effet, chaque caillou crée des interstices autour desquels l’eau peut s’infiltrer.

Donc réaliser une butte là dessus ça aurait donné un truc comme ça :

Par gravité, et par capillarité, l’eau et les oligo-éléments migrent vers le bas et vers les côtés.

En outre, le séchage par le soleil et le vent sont accélérés en comparaison d’une zone à plat. En effet, cette butte présente une plus grande surface d’évaporation pour un volume donné cultivable.

Au tout début on s’était dit qu’on allait, et on nous l’a conseillé, capter l’eau avec des creux, qu’on appelle baissière*. Mais que nenni, il n’y a pas d’eau en surface quand il pleut, déja, et même s’il y en avait ça arrive qu’il ne pleuve même pas une fois entre juin et septembre donc l’efficacité du truc euh …

On donc préféré créer ça :

Alors pour l’instant il n’y a que la zone amont qui est en caillou, mais la zone aval sera faite également, en créant une seconde zone de culture en contre bas.

La grande différence, c’est que notre zone de culture, qui est le réservoir d’eau, est enterrée.

Le fait d’être enterrée ne dispense pas de dissiper généreusement son humidité à la terre environnante, par capillarité. Même pleine de cailloux, la terre à cette faculté de faire circuler de l’eau à l’horizontale. C’est notamment l’argile qui équilibre l’humidité.

Illustration du phénomène qui pose problème :

Mais ce phénomène intéressant est à éviter dans notre cas, on préfère conserver l’humidité dans la zone de culture, ou en profondeur, mais pas sur les côtés. On a donc rompu cette capillarité, c’est pour ça qu’il y a les zones en cailloux sur les côtés.

L’avantage de ces cailloux, c’est aussi de mettre à l’ombre, au frais, et à l’abri du vent, la zone qui jouxte la zone de culture, ainsi l’humidité est conservée au fond.

Nous avons choisi cette technique car ce sont les matériaux trouvés sur place. Nous n’aurions jamais été cherché tous ces cailloux exprès pour ça !

Plus tard nous ferons peut être une butte dans une zone à mi-ombre en contrebas.

Et vous, quelles sont vos techniques de culture ? Partagez ça dans les commentaires pour que les prochains lecteurs en profitent !

Bon jardinage, à bientôt !