Collapsosophie “Nous vivons une époque et dans un coin du monde formidable”

En 2012, je vivais à Paris depuis six mois, je me sentais enfermé comme un oiseau en cage.

Psychologie positive et flux

J’ai saisi la chance de lire Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive, qui détaille deux concepts sur lesquels je m’appuie encore aujourd’hui pour piloter ma vie :

“la vie bonne : l’utilisation de vos forces personnelles pour acquérir d’abondantes gratifications dans les principaux domaines de votre existence.”

Pour ce qui est des gratifications, il s’appuie sur le concept de flux défini par Mike Csikszentmihalyi, qui est vécu lorsque :

  • la tâche est difficile et nécessite des compétences
  • nous sommes concentrés
  • il y a des objectifs précis
  • nous obtenons un feedback immédiat
  • nous sommes profondément impliqué
  • nous avons le sentiment de contrôler la situation
  • notre sentiment de soi disparaît
  • le temps s’arrête

Ces éléments peuvent se retrouver dans notre travail, dans nos passions sportives, comme la randonnée, le parapente, ou encore dans la pratique de la musique, le piano par exemple, et plein d’autres activités.Cela est déja très bon de faire ses choix de vie avec cela en tête – Chercher à maximiser le flux – Mais pour les plus gourmands d’entre nous, cela ne suffit pas…

La vie ayant du sens

“la vie ayant du sens : l’utilisation de vos forces personnelles et de vos vertus au service de quelque chose de plus grand que vous même”

En effet, certains êtres humains ont besoin de comprendre le sens de leur vie, et donc de comprendre le monde qui les entoure. Parallèlement à cette progressive compréhension, ils agissent.

Le gros kiff : c’est de maximiser le flux au service de quelque chose de plus grand que nous même.

Evidemment, vous avez du le comprendre si vous suivez régulièrement ce blog, la création des zones de cultures, et plus globalement le potager, ou encore l’installation d’abeilles et de poules, sont des usines à flux et à cohérence pour moi !

Cohérence avec quoi ?

Cohérence

Cohérence avec une de mes conclusions sur ce qui a du sens au sein de notre société occidentale en 2020 :

Il est décent et astucieux de profiter de notre époque de grande abondance pour réapprendre tranquillement à savoir-faire de la nourriture (et plein d’autres choses) très localement – avec moins de pétrole.

 

Pourquoi décent ? Parce que planter ces “jeunes pousses” permet de maximiser le maintien d’un bon niveau de confort pendant et après la descente énergétique et technologique qui est physiquement certaine par simple analyse de notre dépendance directe à des stocks de ressources (combustibles et minerais) qui s’épuisent ; et peu importe l’incertitude sur l’échéance et sur sa vitesse. (Possiblement assaisonné d’une descente monétaire).

Pourquoi astucieux ? Parce qu’on a le temps, la liberté, la paix, les réseaux sociaux etc. Nous vivons une époque et dans un coin du monde formidable où nous vivons globalement en liberté.

Dans le passé, et dans d’autres régions du monde aujourd’hui, (et possiblement dans le futur) les humains ont souvent simplement cherché à survivre, que ce soit à propos de la nourriture, de la santé, ou des conflits avec d’autres humains.

Ils n’avaient pas le temps d’essayer des choses, d’échanger, de philosopher … nous oui.

Collapsosophie

Philosopher/agir à ce sujet porte un petit nom, la collapsosophie, concept développé par Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle.

Souvent relayé avec exagération dans la notion de “collapse” pour faire un peu de buzz, il y a une notion très inspirante de lâcher prise sur les espoirs en notre société. La notion permet de développer plutôt du courage et de la créativité en ce qui concerne les sociétés de demain.

Le ticket d’entrée est un processus de deuil consécutif à l’arrêt du déni, refuge principal contre la culpabilité et le sentiment d’impuissance, mais qui n’apporte pas le sens que j’ai, comme beaucoup d’autres avant moi, finit par chercher avec détermination.

 

Rencontre avec la fierté après un presque-burn-out.

Un job d’ingénieur

Je travaillais chez Vinci Construction en tant que conducteur de travaux, bien que je n’y connaissais rien en bâtiment d’ailleurs.

 

J’avais 27 ans, et je me demandais comment ça se faisait que je dirigeais un chantier de construction alors que j’avais fait une école d’ingénieur en génie mécanique moi.

 

Je passais beaucoup de temps dans mon bureau, dans la baraque de chantier des chefs, à faire des papiers, recevoir des gens, commander des matériaux.

 

Mais je ne comprenais pas grand chose à ce que les gars faisait concrètement sur le chantier. Je ne comprenais ni leurs problèmes, ni leurs solutions. Je ne connaissais que les chiffres. Il fallait couler 30 mètres linéaires de banches chaque jour, et tant de mètre carré de plancher béton. Il fallait que la grue tourne en permanence sinon c’est qu’on perdait du temps quelque part.

 

Malheureusement, je n’apprenais jamais vraiment à faire les choses, à régler des banches, poser des mannequins pour réaliser les ouvertures dans les murs, ferrailler, coffrer, reprendre le béton avec du mortier. Je restais surfacique dans la technique.

 

Le stéréotype du supérieur hiérarchique incompétent en fait.

 

J’ai pourtant insisté pour faire un stage sur chantier (ce serait le minimum !), mais non, refusé.

 

Cupidité

Ce genre de chantier est le rendez-vous de la cupidité. Les allées et venues de patrons et autres  responsables avec comme unique mot d’ordre : la rentabilité et le profit.

 

Absence totale d’autres paramètres dans les choix, ne serait-ce que la qualité de réalisation, par conscience professionnelle ou réputation d’entreprise, non.

 

Il faut aller au plus vite, soigner ce qui se voit uniquement.

Ou est passée la fierté ?

Ajouté à cet inconfort, j’avais de plus en plus la conviction qu’on pouvait faire des logements avec moins de débauche d’énergie.

 

Moins de pollution, et plus de respect de l’être humain. Il fallait voir, les mètres cubes de béton chaque jour, les tonnes de ferraille venues d’Italie, tout les matériaux industriels et leurs déchets associés, les colles, les produits chimiques par centaines de kilos, les gens sous-payés, les sous-traitants qui mettent la clef sous la porte tellement la négociation les as emmenés bas. Ca me décevait et m’attristais profondément.

Esprit critique

En fait j’avais un profond besoin de comprendre, d’être convaincu qu’il n’était pas possible de faire autrement.

 

J’avais un sentiment désagréable de lâcheté et de culpabilité à collaborer à un projet d’entreprise comme celui de Vinci Construction.

 

En somme, les conditions de travail étaient assez bonnes, les moyens techniques assez impressionnants, cependant d’un point de vue humain et écologique, je trouvais cette entreprise naze ! Fleuron national … mouais ! C’est ça la crème de la crème ? C’est la France ? C’est le top de ce que sait faire l’humain ? Pfff ! Pas sûr moi …

creativité

Avant de me cramer en vol, je suis parti. In extremis. En effet, à la fin je n’arrivais plus à décrocher le téléphone, je n’arrivais plus à répondre aux mails, j’étais un peu tremblant, fébrile et affaibli. Bref, sur une pente glissante d’un point de vue moral.

 

 

J’ai acheté une vieille bagnole utilitaire que j’ai aménagée pour y mettre un lit, c’était mon premier bricolage depuis des années, et le symbole d’une nouvelle liberté !

 

 

Je suis allé travaillé sur des chantiers de construction, bénévolement. J’ai commencé à apprendre à faire. A apprendre ce qu’est réellement le chantier. Ce que c’est d’être dehors, de porter du lourd, de s’adapter en permanence. J’ai découvert l’ossature bois, l’isolation en paille, et l’utilisation de la terre dans le bâtiment.

 

 

Ca m’intéressait tellement que j’ai fait une formation professionnelle de la construction paille.

 

 

J’ai un vague souvenir de ce moment où nos formateurs se sont présentés, ont parlé d’eux, de leurs parcours et de leurs motivations.

 

L’un d’eux, Sébastien, avait exprimé que son engagement dans des pratiques écologiques et sociales lui permettait de se regarder dans la glace chaque jour, et de pouvoir dire à ses enfants : “j’ai fait ce que j’ai pu !” si un jour ils venaient à lui poser des question sur le passé.

 

Ca m’a fait beaucoup de bien d’entendre ça ce jour là. Ça a ouvert un chemin qui ne s’est jamais refermé depuis … celui d’inviter, moi aussi, régulièrement la question :

 

Que puis-je faire pour être fier de ce que j’accomplis ?

 

Vidéo – Terrien ou Destructeur ? L’histoire d’un jeune ingénieur, en présence de Delphine Batho.

A la fin du mois de janvier, en milieu de matinée, j’arrive dans la petite cuisine au boulot. J‘ai eu l’impression que Yves (mon boss), m’annonçait une bêtise qu’il avait faite.
Mais vous savez la bêtise dont on est fier, celle qui confère à l’auteur en train de l’annoncer un petit sourire caractéristique.
En fait, il venait d’inviter Delphine Batho. Elle allait passer nous voir, et il faudrait lui présenter un des projets interne à l’entreprise, qu’on porte à plusieurs salariés, à vocation sociale et écologique.
Sauf que, pas vraiment gêné je le concède, je ne savais pas qui c’était moi Delphine Batho.
Et là hoooo ! Mais j’osais faire de la soi-disant permaculture sans savoir qui elle était ??
Oui.
Bon du coup j’ai lu le manifeste sur l’écologie intégrale qu’elle venait de publier pour savoir qui c’était.
Trois jours avant la venue de Delphine Batho, il est annoncé à toute la boîte que je présenterais Jeune Pousse Permaculture, cool ! Mais c’est short pour préparer !
Le jour J, on se fait une petite répèt’ autour de 11h30, sous les pins dehors devant la salle. Olivier et Raph enchaînent la leur. Mais moi je suis bloqué, calepin à la main. Je reste à chercher mes mots, à essayer de retomber sur mon raisonnement, savoir quand est-ce que je dois changer de diapo, c’est vraiment nul.
Raph me dit “Lâche ton calepin“, nooooon je n’y arriverai jamais, c’est dans 3h et on est au bureau, dans le brouhaha, je n’aurais jamais tout en tête.

3h plus tard, c’est mon tour, je me lance : Avant de vous souhaiter un bon visionnage, ayez en tête un retour que vous pourriez me faire dans les commentaires (ou par mail) :

Est-ce que ça a du sens pour vous ? Lequel ? Pensez-vous pouvoir vous faire plaisir en apprenant à savoir-faire ? Est-ce que vous aimeriez faire des choses mais que quelque chose vous en empêche ? C’est quoi ?

Conseil de jardinier : Comment faire de vos résolutions des succès savoureux ?

Bonjour,

Je vous souhaite une excellente année pleine de réussite et de partage !

Découvrez ici une astuce pour vous aider à concrétiser une résolution ou un objectif que vous souhaitez atteindre.

Cela fonctionne pour tout types de projet ; la création de votre potager, de votre poulailler, ou autre.

Comment commencer malgré votre planning chargé ?

Nous avons tous beaucoup d’occupations, et un emploi du temps qui est souvent chargé.

Le travail, les trajets, les enfants, le sport, les sorties, les amis, la lecture, la musique, les films, cuisiner, bricoler, jardiner, la télé (ah ? Ça vous pouvez facilement supprimer 😉 ), il y a de quoi remplir nos quotidiens !

Il s’avère donc difficile d’insérer une nouvelle activité ou de démarrer un nouveau projet.

L’astuce que j’ai envie de vous partager est celle qui a été répandue par Descartes au 17ème siècle, il écrivait :

“(…) diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.”

Descartes, Discours de la méthode. Deuxième partie. 1637.

En effet, vous aurez beaucoup plus de résultat si vous n’avez qu’une petite tâche (ce qu’il appelle ici “parcelle”) à réaliser à la fois. Elle ne devra prendre que quelques minutes et ne nécessiter ni matériel compliqué, ni réflexion pour commencer.

En plus d’aider à se mettre en action, le fait de diviser un projet en plusieurs tâches revêt d’autres avantages :

Optimiser votre temps

Le fait de se concentrer sur la réalisation d’une petite tâche qui peut démarrer immédiatement, permet d’être efficace. En effet, dès l’instant choisi, vous commencez à avancer.

Petit pas par petit pas, vous concrétisez la réalisation de votre objectif.

Célébrer le chemin au fil du parcours

Un autre avantage des petits pas, c’est que vous pouvez célébrer la réussite de chacun de ces pas. Nul besoin d’avoir tout terminé pour être content.

Cela vous permet d’avoir la sensation agréable du travail accompli, alors que vous n’y aurez peut-être consacré que quelques minutes par jour.

Un outil puissant pour faire les choses dans le bon ordre

Découper une réalisation en de multiples étapes permet de bien réfléchir en amont et de mieux anticiper les besoins.

Par exemple, vous penserez probablement à prendre les mesures dont vous avez besoin ou à lister les matériaux qu’il vous faut, choses que vous ne ferez peut-être pas si vous vous lancez tête baissée dans la réalisation.

Comment découper un projet complet en petites tâches : exemple

Ce que je vous conseille c’est de commencer par visualiser les “jalons” :

Un jalon c’est le moment où une étape se termine, ce qui déclenche le début d’une autre. Et dans ces étapes il y a des tâches.

Par exemple en ce moment je suis dans l’étape “conception” de notre futur poulailler.

J’ai terminé la tâche “croquis et brainstorming visuel”, qui nous a permis de discuter avec Marion à propos de l’esthétique :

Un croquis = une tâche de l’étape conception

La prochaine tâche est l’implantation de l’enclos avec des piquets et des ficelles sur l’emplacement que nous avons choisi, pour valider le choix des dimensions retenues.

Une fois cette tâche terminée, je passerai à la tâche dessin de l’enclos et de la cabane, aux cotes réelles, avec les points de détails.

Puis je regarderai ce que j’ai comme matériaux pour essayer de les intégrer dans la construction, ce qui me fera peaufiner le dessin pour utiliser un maximum de matériaux de récup’.

Ensuite, je listerai ce qu’il nous faut acheter. L’étape conception sera alors terminée.

L’étape préfabrication démarrera. Et ainsi de suite.

Chacune des étapes est constituée de tâches, et prépare le terrain pour la prochaine.

Si nous avions commencé par planter des poteaux et fixer du grillage, nous aurions peut-être recommencé pour un problème d’esthétique, ou bien d’ergonomie.

En effet, nous sommes d’accord sur le choix d’un grillage d’enclos bas, avec la cabane par-dessus. C’est le dessin qui permet d’échanger et décider (même si je suis seul concerné, je fais toujours un dessin avant de bricoler quelque chose).

En procédant dans l’ordre et par petit pas, nous allons obtenir exactement ce que nous avions décidé, en profitant des étapes tranquillement.

 

Cet article participe à l’évènement “Votre meilleure astuce pour appliquer vos bonnes résolutions” du blog Devenez meilleur.

Sur le même thème vous pouvez y découvrir un article sur les micro tâches.