Ca y est, l’abeille Reine naît aujourd’hui !

Le premier essaim des Jeunes Pousses : comment a-t-on procédé ?

Deux solutions se présentent pour la reproduction des abeilles :

– soit elles dédoublent elles-mêmes leur essaim, d’avril à juin généralement, en chassant la vieille reine de la ruche. Celle-ci entraîne avec elle une bonne moitié de la colonie. La partie restant dans la ruche crée une nouvelle reine à partir du couvain en place (dans les faits les cellules de reine sont fabriquées avant le départ de la vieille reine, donc par anticipation).

– soit c’est l’apiculteur qui crée des essaims « artificiels » en prélevant des cadres de couvain avec de jeunes abeilles, sans prendre la reine d’origine. Ces essaims, à partir de très jeunes larves présentes dans le couvain, vont à leur tour fabriquer leur nouvelle reine. Pour l’apiculteur cette manipulation permet de renouveler le cheptel mais aussi d’éviter l’essaimage naturel qui signifie pour lui une perte de la production de miel, le temps que les essaims se reconstituent. Il cherche aussi à éviter de perdre l’ancienne reine qui est souvent de valeur (une reine fécondée coûte de 25 à 50 euros en moyenne, avec des prix dépassant 200 euros pour les sélections inséminées).

Articles précédents sur le sujet également :

Installer des ruches : l’essaimage

 

Les Jeunes Pousses ont procédé à la création de leur premier essaim le 8 mai, courageusement malgré un temps mitigé peu propice à l’ouverture des ruches et qui a généré quelques petites impatiences de la part des abeilles…

 

Connaissances préalables :

1- les cycles de développement :

– Le cycle de développement des abeilles ouvrières, de l’œuf à la naissance, dure 21 jours. Les cellules contenant les larves sont operculées (fermées avec un bouchon de cire) à partir du 10ème jour, pour permettre la transformation de la nymphe. Les abeilles naissent 11 jours plus tard.

– le cycle de développement de la reine, de l’œuf à la naissance, dure 16 jours. La cellule est operculée le 9ème jour, la reine naît sept jours plus tard. Soit le 24 mai.

 

2- qu’est-ce qui différencie la transformation d’une jeune larve en ouvrière ou en reine ?

Tous les œufs éclosent au bout du troisième jour, et deviennent des larves. Celles-ci sont toutes nourries par les jeunes abeilles pendant les trois premiers jours suivant l’éclosion, avec de la gelée royale. Ensuite les larves destinées à devenir de futures ouvrières, et les mâles, sont alimentés avec de la pâtée de miel et de pollen. Quant aux futures reines, elles seront exclusivement nourries de gelée royale, jusqu’à leur mort. C’est uniquement cette différence de régime alimentaire qui oriente le développement morphologique de cet animal, et aussi sa longévité : les ouvrières sont stériles, et vivent 3 à 4 semaines l’été, et jusqu’à 6 mois l’hiver dans la ruche ; alors que la reine  est dotée d’un appareil sexuel et peut vivre jusqu’à 5 années.

 

En fonction de ces constats, il nous faut donc le « matériel » suivant pour constituer un essaim orphelin capable de fabriquer sa reine :

1 – du couvain operculé, dont naîtront des nourrices au cours des 10 jours suivants (nous avons vu une naissance le jour du prélèvement). Ces jeunes abeilles, dont l’un des premiers métiers est la fabrication de la gelée royale et l’entretien des larves, géreront immédiatement le couvain ouvert.

2-  du couvain « ouvert », comprenant impérativement des larves de moins de trois jours, à partir desquelles les nourrices, en les alimentant uniquement à la gelée royale, pourront créer leur reine. Si, lors d’une création d’essaim artificiel, il n’y a pas de larves de moins de trois jours, l’essaim n’aura pas de possibilité de faire sa reine.

3- pour alimenter cette nouvelle colonie, on prélève aussi un cadre de miel, pour l’énergie, et un cadre de pollen, pour les protéines nécessaires au développement des larves. Le jour de notre prélèvement, il y avait peu de pollen dans la ruche, nous avons donc donné un peu de pâtée « maison », constituée de pollen, de miel, de levure de bière et de farine de châtaigne, pour booster nos bestioles !

4- les autres cadres de la ruche (8 par hausse pour notre modèle Warré) sont constitués de cires gaufrées que les abeilles vont « tirer » pour faire des rayons.

5 – Deux à trois semaines suivant la création de cet essaim, il sera nourri avec un sirop de sucre (50%eau + 50% sucre en poudre + cuillère de vinaigre de cidre + un peu de miel si possible) afin de le consolider et favoriser la création de cire).

Photo d’un apéro le matin :

Installer des ruches : l’essaimage

La suite de l’aventure, toujours avec notre apicultrice passionnée qui nous explique tout, merci Nathalie !

Printemps 2019 : les abeilles en grande forme !

La production de miel mais aussi l’essaimage ont démarré tôt cette année au rucher dont seront issus les essaims des Jeunes Pousses. La raison est climatique, mais aussi liée à certaines souches de nature très essaimeuse qui avaient été piégées au printemps dernier.

Comment ça se passe ? (petit rappel)

Certaines reines de plus d’un an ont quitté leur ruche (mi-mars cette année à Auriol), entraînant avec elles une bonne moitié de la population de l’essaim d’origine. On y trouve des abeilles de tous âges : des nourrices et des cirières n’ayant encore jamais quitté le domicile, des butineuses dont certaines sont encore chargées de leurs ballots de pollen, mais aussi des mâles, les faux-bourdons, qui serviront de « climatiseurs » pour réchauffer ou rafraichir le nouveau nid. Ainsi doté, l’essaim d’essaimage est prêt (en principe) pour rapidement refonder une colonie avec une population complète.

Juste avant leur départ, les avettes se sont gavées de miel afin de tenir le coup quelques jours et surtout d’avoir assez d’énergie pour recréer des rayons de cire une fois le nouveau nid trouvé. C’est la raison pour laquelle il n’y a quasi pas de risque de piqure avec ce type d’essaim (sauf si on met les mains dedans brusquement… (>>  du vécu L), car il est lourd de son chargement de provisions, et aussi stressé car littéralement en danger de mort : en effet si très rapidement après sa sortie il ne trouve pas de nouveau logis, il est voué à une mort certaine. Il est estimé que moins de 25% d’essaims non récupérés par les apiculteurs sont estimés viables.

Une fois sorti de sa ruche, l’essaim s’agglutine rapidement sous forme de boule, accroché à une branche d’arbre ou tout autre support, à quelques mètres seulement de son lieu de départ. Il peut rester ainsi de quelques dizaines de minutes à quelques heures. Dans cette boule les abeilles sont calmes, la reine est protégée dans cette masse, et on peut observer sur la périphérie des abeilles qui vibrent, se « secouent » frénétiquement en formant des cercles. Il s’agit des éclaireuses, qui ont pour mission de trouver un nouvel abri à la colonie en inspectant une superficie d’une soixantaine de km2 alentour.

Quand l’une ou plusieurs d’entre elles dénichent un endroit, elles reviennent sur l’essaim pour communiquer les coordonnées « GPS» du lieu en vibrant tout en marchant en surface du groupe. Cette modalité est aussi utilisée dans la ruche quand les butineuses indiquent aux ouvrières la localisation d’une zone de miellée, de pollens ou d’eau.

 

La démocratie chez les abeilles

La particularité de l’organisation des abeilles lors de l’essaimage _ mais pas seulement _ réside dans sa forme très démocratique. En effet, si plusieurs éclaireuses identifient des endroits différents, elles se trouvent en concurrence pour convaincre la colonie. D’autres éclaireuses vont alors se déplacer vers les lieux indiqués, pour vérifier les informations, et c’est en fonction de la réaction positive du plus grand nombre de ces éclaireuses que l’ensemble de l’essaim fera son choix : ainsi la majorité l’emporte.  Notons que les choix des abeilles en tant qu’individus se font uniquement dans l’objectif du bien commun, lié à la survie de l’ensemble, nous sommes donc bien dans une forme de véritable démocratie !

Les éclaireuses accompagnent ensuite l’essaim pendant son vol, le canalisant vers sa destination.

Voici un ouvrage très intéressant sur le sujet, où non seulement les décisions collectives des abeilles ont été étudiées, mais aussi des comparaisons avec d’autres espèces, dont les mammifères, sur les similitudes dans leurs stimulis neuronaux :

https://www.quae.com/produit/1427/9782759226016/la-democratie-chez-les-abeilles

 

 

 

 

Il existe plusieurs sortes d’essaimage naturel :

Quand la vieille reine fait partie du voyage, on appelle cet essaim un « essaim primaire ». Mais il arrive que d’autres essaims, plus petits, partent les jours suivants de la même ruche, accompagnant une reine qui vient tout juste de naître. Ce sont des essaims « secondaires », voire « tertiaires ». Dans ces cas-là, les reines sont vierges, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas eu le temps de procéder à leur vol nuptial pour être fécondées, et devront donc effectuer celui-ci une fois le nouveau domicile trouvé.

La raison de ce type d’essaimage est due au fait que la première reine vierge née juste après le départ de l’essaim primaire (avec la vieille reine) n’a pas tué toutes ses sœurs, comme c’est normalement le cas, car elle en a été empêchée par l’essaim. Les raisons sont liées à une instabilité climatique qui peut avoir retardé le départ prévu de la vieille reine, et donc maintenu l’essaim en état de « fièvre essaimeuse ».

 

Quelles solutions pour l’apiculteur ?

Pour limiter l’essaimage, car il affaiblit les essaims de production, pour les professionnels, et peut entrainer la perte des reines de sélections, pour tous, l’apiculteur effectue des contrôles hebdomadaires de ses ruches afin de vérifier la création ou pas de cellules royales. S’il en trouve il les détruit, ou peut les récupérer pour les intégrer dans des ruches orphelines. Mais l’essaimage naturel peut aussi être limité en amont, en créant des « essaims artificiels » : dans ce cas, c’est l’apiculteur qui dissocie les essaims et génère la création de nouvelles reines, avant que la nature ne le fasse.

 

Le rucher des Jeunes Pousses : démarrage dans les 15 jours à venir !

C’est la méthode qui va être utilisée d’ici fin avril pour la création des deux premières ruches du rucher des Jeunes Pousses. On va filmer la manip, ne ratez pas l’expérience J !

Vidéo – La fabuleuse naissance d’une Reine

Comment un essaim est créé ? Dans la nature déja, et ensuite, comment est-ce qu’on peut récupérer un essaim et l’intégrer à l’une de nos ruches dans le jardin ? 

Aujourd’hui on a la chance d’être avec Nathalie qui produit du miel depuis plusieurs années et qui va répondre à notre question du jour.

N : “Le mode de reproduction d’un essaim : supposons que là tu as un essaim qui est plein, qui a réussi à passer l’hiver. Au printemps, aux beaux jours, dès qu’il y a des rentrées de miellées au niveau de la ruche, la Reine va commencer à re-pondre, ce qui veut dire que l’essaim va grossir.

Donc à un moment donné, ça va être trop petit et c’est là en fait que la vieille Reine va partir. Elle va chercher un autre endroit pour se caler et l’essaim qui reste là dit orphlelin, il va fabriquer une nouvelle Reine, c’est la reproduction, ça se sépare en 2 …

Un article très détaillé écrit par Nathalie pour compléter la réponse :

Comprendre l’accouplement royal des abeilles, du sexe plus “hard” que “soft”

 

Comprendre l’accouplement royal des abeilles, du sexe plus “hard” que “soft”

Cet article passionnant est proposé par Nathalie, apicultrice qui nous accompagne dans la mise en place de notre rucher, un immense merci pour son partage de grande qualité, et bonne lecture !

La vie de la reine, et le principe de l’essaimage

La reine des abeilles : une super-génitrice orchestrant un méta-organisme

Les superlatifs ne sont pas vains pour qualifier la reine des abeilles, tant son rôle est magistral pour la création et l’organisation de l’essaim. Sa différence de morphologie et de fonctions avec les abeilles ouvrières est uniquement due à sa nourriture, composée exclusivement de gelée royale.

Incapable de se nourrir seule, elle sera entourée sa vie durant d’une cour de plusieurs nourrices qui lui apporteront gelée et soins en permanence. Ses fonctions consistent donc uniquement à la ponte et à la diffusion de ses phéromones, afin de fédérer ses troupes et d’orienter la structuration de l’essaim au long des saisons.

Les abeilles mellifères sont des insectes sociaux, incapables de survivre de manière isolée. Chaque individu constitue une cellule vivante de l’essaim,

interdépendante des autres. Une abeille peut mourir sans que cela n’altère l’essaim, et d’autres la remplaceront. L’essaim nous apparaît alors comme un organisme à part entière : un méta-organisme.

Alors, lorsque nous sommes en contact avec les abeilles à l’ouverture des ruches, ou en observation d’un essaimage, on ne peut que ressentir la cohésion et l’énergie puissante dégagée par ces milliers d’individus – allant de 20 000 jusqu’à 70 000 abeilles voire davantage pour les très gros essaims – qui ne forment en réalité qu’un seul et unique « corps » vivant !

Combien de temps vivent les abeilles ?

Il faut 16 jours pour voir naître une reine, 21 pour les ouvrières et 24 pour les mâles, dits faux-bourdons. Dès son éclosion la reine vierge est prise en charge de jeunes abeilles n’ayant encore jamais quitté leur abri.

Sa longévité est nettement supérieure à celle des ouvrières, car elle peut atteindre 5 années, avec même des cas d’exceptions annoncés jusqu’à 8 ans par certains auteurs, alors que les autres abeilles vivent de 5 à 6 semaines l’été et d’environ 5 mois pendant la période hivernale.

Cependant, pour toutes les raisons liées à l’effondrement de l’espèce, les reines dépassent rarement les 3 années d’existence dans les ruchers d’exploitation.

Vidéo (2’28) : éclosion d’une reine où l’on voit les nourrices la toucher avec leurs antennes dès sa sortie de la cellule royale :

https://www.youtube.com/watch?v=HGY7OdLpWkE

L’accouplement royal, du sexe plus « hard » que « soft » …

Atteignant sa maturité sexuelle trois à cinq jours après sa naissance, la reine vierge sort de la ruche pour son unique « vol nuptial ».

Les mâles, regroupés dans des zones de rassemblement, dites aussi « zones de congrégation », qui peuvent être éloignés du rucher de plusieurs kilomètres et sont immuables depuis des siècles, s’accouplent avec les reines vierges qui les y rejoignent.

Cette action se produit en plein vol à plusieurs mètres d’altitude, et peut nous paraître assez brutale : le mâle s’agrippe à la reine et la pénètre, mais après l’éjaculation son phallus est arraché de son abdomen lors de son retrait, ce dont il meurt.

Son organe sexuel reste accroché à celui de la reine, et forme un bouchon empêchant l’écoulement de sa semence. Celle-ci sera stockée dans une « bibliothèque de sperme » où la reine piochera tout au long de sa vie pour féconder ses œufs.

De 5’40 à 6’03 sur cette vidéo, incroyables images de l’accouplement : https://www.youtube.com/watch?v=sO1q0QD4kjI

Ce manège peut se réitérer jusqu’à une quinzaine de fois pendant le vol nuptial. Une deuxième sortie de la reine peut être effectuée les jours suivants si le premier vol s’avère insuffisant pour remplir sa spermathèque.

Après le premier rapport, les mâles successifs enlèveront le bouchon laissé par le précédent, afin de réaliser leur accouplement. Une fois la reine fécondée, elle réintègrera sa ruche, où les ouvrières s’affaireront à la délivrer du dernier bouchon, enclenchant ainsi le signal du démarrage de sa ponte.

L’essaimage : mode de reproduction naturel des abeilles

Le déclencheur :

Un essaim qui a hiverné en se resserrant sous forme de boule, appelée grappe, afin de résister au froid et de maintenir une température supérieure à 26° pour sa survie et celle de la reine, reprendra son activité dès l’arrivée des premiers pollens, vers la fin janvier pour notre région.

A ce moment la reine redémarre la ponte et la colonie se développe. Puis à partir du mois de mai, pour des raisons de manque d’espace liées à la forte croissance de l’essaim _ la reine pouvant pondre jusqu’à 2 000 œufs par jour à cette période _ l’essaimage va s’enclencher.

L’essaimage, c’est la division d’une colonie en deux populations : La reine originelle quitte la ruche avec la moitié de l’essaim, voire les deux tiers, pour chercher un autre domicile, et les abeilles restant dans le nid, avec du couvain, redémarreront une colonie avec une nouvelle reine.

Le processus :

Les abeilles anticipent cette action. Dix à douze jours précédant l’essaimage, elles commencent à fabriquer plusieurs cellules royales dans lesquelles la reine pond, et produisent une quantité importante de gelée royale. Puis elles mettent la reine « à la diète », ce qui entraîne le ralentissement de sa ponte, préalable à son envol.

Dans le même temps, certaines butineuses prennent le rôle d’éclaireuses et partent à la recherche d’un nouveau nid. Une partie de l’essaim peut s’agglutiner à l’entrée de la ruche et former une barbe. On est dans la phase de « fièvre d’essaimage ».

Deux ou trois jours avant l’éclosion des reines vierges, l’essaimage a lieu. Les abeilles se gorgent de miel, et l’essaim s’envole, entourant sa reine. Il se pose généralement à quelques mètres de son point de départ, sur une branche, un pylône, ou ce qu’il trouve, et forme une grappe soudée, pendant que les éclaireuses continuent leur prospection. Le vrombissement émis par les abeilles à ce moment est tout à fait reconnaissable, et assez fort, comme celui d’un moteur. Elles sont en état de stress, et si on les approche elles n’ont pas tendance à piquer ni à être agressives car toute leur attention est portée sur le fait d’entourer la reine pour sa préservation. C’est à ce moment-là que nous pourrons récupérer des essaims, pour les enrucher artificiellement puis les intégrer à nos ruchers.

Une fois le nouveau domicile trouvé, l’essaim informé par les rabatteuses s’y engouffre et démarre son installation rapidement, avec bâtisse de rayons de cire et nouvelle ponte de la reine. C’est une réelle course contre la montre, car la fabrication de cires nécessite beaucoup d’énergie. La colonie n’en a que très peu : les abeilles en ont emporté dans leur jabot, mais n’en n’ont pas du tout en stock…

 

Le remplacement de la vieille reine : la supercédure

La vieille reine qui a essaimé sera par la suite rapidement remplacée par une jeune vierge issue de sa nouvelle ponte. Celle-ci la tuera pour prendre sa place, ou pourra aussi cohabiter quelques temps. On appelle ce remplacement de la reine (remérage) qui ne passe par un nouvel essaimage, la supercédure.

Le brassage génétique :

Cette jeune reine étant, suite au déplacement de l’essaim, amenée à être fécondée par des souches de mâles différentes de celles de sa mère, il en résulte que l’essaimage, avec la supercédure qui généralement s’en suit, participe au brassage génétique essentiel pour la survie de l’espèce.

Merci Nathalie !

Retrouvez nous sur le terrain du futur rucher : (Interview vidéo en cliquant sur l’image)

https://www.youtube.com/watch?v=bJ4Xljj3awA&t=4s

A bientôt !

Les 7 critères pour installer une ruche chez soi

Vous êtes aussi intéressé par les abeilles ? Vous hésitez à installer une ruche dans votre jardin ?

Nathalie nous a écrit les sept critères à prendre en compte pour installer une ruche chez nous, régalez-vous 🙂  :

1 – Orientation 

L’entrée des ruches est de préférence orientée vers le sud pour favoriser son réchauffement le matin. Bien entendu les abeilles peuvent parfaitement s’adapter à d’autres orientations, mais l’ensoleillement matinal déclenchera plus rapidement l’activité de l’essaim.

Certains apiculteurs préconisent une orientation sud-est cependant, en hiver, le plein sud permet à la ruche de capter la chaleur solaire durant une plus longue partie de la journée.

Les ruches ne seront pas exposées face aux vents dominants. Un arbuste ou haie à proximité peut les abriter du vent et aussi des périodes de canicule.

2 – Zone d’envol

Une zone d’envol libre de trois à cinq mètres devant l’entrée facilitera les va-et-vient des butineuses. Elles s’adapteront à des obstacles, mais ce sont autant de freins à leur envol.

Précisons que l’apiculteur ne s’approche pas des ruches de face, mais par l’arrière ou latéralement, afin de ne pas déranger les entrées et sorties des butineuses, et éviter les collisions.

3 – L’aération

Les ruches sont posées à une vingtaine de cm du sol, minimum, sur des parpaings ou moellons permettant l’aération par la grille du plancher de nos modèles Warré.

Il faut veiller à désherber le dessous (pour l’aération) et l’avant de la ruche pour que les abeilles qui peuvent chuter au retour du butinage ne soient pas piégées dans les herbes.

Le terrain étant légèrement en pente, la stabilité sera vérifiée avec un niveau lors de l’installation.

4 – L’eau

On estime que les butineuses font entrer de 10 à 30 litres d’eau par an dans la ruche, selon les environnements, pour nourrir les larves, ouvrières et reine.

Mais l’essaim n’apprécie pas la condensation dans son habitat, qui peut dérégler la thermorégulation du nid et entraîner le développement de moisissures sur les cadres, ainsi que des maladies. L’aération est donc l’un des facteurs importants de la bonne santé des essaims.

Un point d’eau proche du rucher est essentiel. Sinon les abeilles pourront visiter les piscines du voisinage (qui contiennent souvent du chlore, nocif pour les abeilles), ou s’éloigner jusqu’à plusieurs kilomètres pour trouver le précieux breuvage et donc multiplier les contraintes pour leur survie.

Un abreuvoir de poulailler avec réservoir ou un simple bac d’eau propre feront l’affaire. Du sable ou cailloux de rivière (préférable à des brindilles qui se décomposeront), affleurant en surface éviteront les noyades, fréquentes. Il semble aussi que les récipients bleus les attirent[1]

5 – La zone de nourriture

Il est estimé que les abeilles butinent dans un périmètre d’aisance allant de 500 mètres jusqu’à 3 ou 4 km, qui peut s’étendre à une dizaine de km en cas de pénurie de nourriture.

Sous nos climats tempérés, une moyenne de 5 ruches par km2 est raisonnable pour l’apport nécessaire de nectars et pollens, sachant que la littérature apicole annonce des besoins en pollen, indispensable aliment protéiné, allant de 20 à 40 kg par essaim…

Autour de la Sainte Baume, nos abeilles produiront du miel de garrigue (romarin, thym et autres végétaux mellifères de nos collines), et iront plus que certainement butiner dans les jardins des villas avoisinantes !

Nous apporterons un complément alimentaire l’hiver, de pains de sucre candi dont nous pourrons tester plusieurs recettes. Nous donnerons du sirop de sucre d’avril à septembre, si nécessaire et hors périodes de récolte le cas échéant.

6 – Distances avec le voisinage

Pour les distances à respecter avec le voisinage, le code rural indique qu’il n’y a pas de contrainte de distance si les ruches sont séparées du voisinage par un mur ou une haie vive de 2m de haut, sur 2m de chaque côté des ruches.

Cependant des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent compléter cette législation. Pour le Var l’arrêté est le suivant[2] :

Arrêté préfectoral

 

Note : Plusieurs races d’abeilles existent, naturelles ou hybrides, et présentent des comportements différents, en particulier pour la douceur (le fait de ne pas, ou peu, piquer). Nous allons nous efforcer de sélectionner des abeilles présentant cette spécificité, afin de limiter les risques de piqûres et de favoriser aussi d’autres comportements spécifiques des essaims (peu d’essaimage, bonne productivité, peu de consommation en hiver…). Un article développera ce thème.

7 – La télédéclaration du rucher

Pour les amateurs comme pour les pros, elle doit se faire une fois les ruches installées, puis de septembre à décembre de l’année en cours via le document suivant : https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

La déclaration génère un numéro d’apiculteur (NAPI).

Si par la suite les produits du rucher ont vocation à être vendus, il sera nécessaire d’obtenir un numéro de Siret, et de tenir un cahier d’élevage et de miellerie (que nous tiendrons quoi qu’il en soit car c’est un historique très pratique pour le suivi les colonies).

Nathalie

Si cet article vous a plu, vous pouvez remercier Nathalie qui nous partage sa passion et ses connaissances avec un grand plaisir. 

Et bien sûr vous pouvez poser toutes vos questions en commentaires, à bientôt avec les prochains articles et les prochaines vidéos !

Cédric

[1] Les abeilles distinguent les couleurs, dans les tons de bleus, de verts (vert très clair pour le jaune) et les ultraviolets.

[2] http://www.api-douceur.com/IMG/pdf/arretes-prefectoraux.pdf

[3] http://www.mesdemarches.agriculture.gouv.fr/demarches/particulier/effectuer-une-declaration-55/article/declarer-la-detention-et-l?id_rubrique=55

Rucher des Jeunes Pousses – On invite les abeilles !

Bonjour bonjour,

Ce n’est pas chez nous la photo hein ! On ne les as pas encore installées.

Je voit d’ici arriver la foule de question, “Mais votre terrain il est sec et calcaire, en pente, c’est quoi ce terrain plat avec cette herbe verte et tout et tout ?!” mais non rassurez-vous ^^.

En tout cas, heureux de vous retrouver pour aborder un nouveau sujet, les ruches au jardin !

Dans cette série, nous tenterons de répondre aux questions que l’on peut se poser à propos des abeilles domestiques.

  • Pour quelles raisons avoir des ruches ?
  • Quelles sont les avantages, les inconvénients ?
  • Quels effets sur un potager ?
  • Y a-t-il des obligations, de l’entretien ou de la surveillance ?
  • Combien ça coûte ?
  • Qui contacter pour se faire accompagner ?
  • Peut-on le faire seul ?
  • Comment obtenir du miel ?
  • De quel matériel a-t-on besoin ?
  • Quel distance doit-on respecter avec le voisinage ?
  • Comment faire si des enfants ont accès aux ruches ?
  • Quels sont les différents types de ruches ?
  • Etc.

Commencer à rajouter des questions pour que nous puissions y répondre au fur et à mesure du projet, et ça donne encore plus envie d’écrire et publier de voir vos questions 🙂

Aujourd’hui, c’est l’apicultrice qui nous accompagne dans ce projet qui le présente.

Le texte est original, sauf les choix de mise en gras et les sous-titres que j’ai rajouté.

Présentation du projet d’installation des ruches avec création des essaims 

Quelle type de ruches ?

Nous allons installer au printemps, début mai, deux ruches de type Warré, du nom de leur inventeur l’abbé Warré (1867-1951).

Baptisé « ruche populaire » par ce dernier, ce modèle, avec ses petites dimensions et son poids raisonnable, permettrait à chaque famille d’installer sa ruche au jardin et de produire son propre miel, trésor de bienfaits.

Photo qui n’est ni de nous, ni de chez nous

D’où viennent les abeilles ?

Nos essaims sont issus d’un rucher familial situé à Auriol.

La démarche consiste à extraire de ce rucher des cadres de couvain accompagné de ses abeilles nourrices, pour constituer deux nouveaux essaims orphelins, c’est-à-dire sans reine dans un premier temps.

L’importance vitale de la reine

Les essaims sont naturellement organisés autour de leur reine et de ses diffusions de phéromones.

Sans reine, tout essaim est voué à une mort certaine en quelques semaines.

Les abeilles sur cadres de couvain, extraites du rucher-source, vont donc très rapidement s’activer pour « fabriquer » leur nouvelle reine, à partir d’œufs présents dans le couvain.

Quelles sont les conditions de la réussite ?

Pour la réussite de cette opération, ces œufs doivent obligatoirement avoir moins de trois jours depuis la ponte.

En effet, après cette période les larves éclosent et seules celles destinées à produire des reines sont alimentées à la gelée royale par les abeilles nourrices.

Les autres, futures ouvrières et mâles, disposent uniquement d’un mélange sucré et protéiné de miel/pollen.

Peut-il y avoir plusieurs reines ?

Si plusieurs cellules de reines sont fabriquées par l’essaim orphelin, la première qui naîtra ira instantanément tuer toutes ses sœurs.

Sélection naturelle oblige.

Elle sortira ensuite de la ruche pour la seule fois de sa vie, afin d’être fécondée par plusieurs mâles, dits « faux-bourdons ». Cette poly-fécondation permet un brassage génétique assurant la pérennisation de l’espèce.

Nos essaims orphelins, très fragiles, et bien que dotés d’un cadre de miel, seront nourris artificiellement au sirop de sucre pendant plusieurs semaines pour les renforcer.

 L’instant fatidique : La reine a-t-elle pondu ?

 La création de la reine et sa fécondation couvrent une période d’environ 24 jours (dont 16 de l’œuf à la naissance).

Notre reine fécondée démarrera ensuite sa première ponte.

Nous pourrons alors ouvrir nos ruches entre le 36e et le 40e jour pour vérifier si le nouveau couvain operculé est présent. S’il ne l’est pas, nous aurons de fortes probabilités de devoir renouveler toute l’opération.

Et si la réponse est “non, ça n’a pas fonctionné :-(” ?

Si nos abeilles échouent, pour des raisons diverses (couvain trop vieux, abeilles fragilisées, reine ne retrouvant pas sa ruche après sa fécondation, ou insuffisamment fécondée, ou dévorée par divers prédateurs dont les oiseaux ou les frelons asiatiques lors de sa sortie…), nous pourrons réinsérer du couvain jeune avec des nourrices, courant juin et tant que les mâles persistent, c’est-à-dire quasiment tout l’été.

Il serait aussi possible d’intégrer une reine d’élevage, jusqu’à fin juillet.

Suite, et questions ?

Nous vous expliquerons plus en détails l’organisation de la ruche et sa manière de fonctionner tout au long de la mise en place du Rucher des Jeunes Pousses. Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

Phase 1 : Choix de l’emplacement du rucher sur le terrain, courant janvier.


  1. Bio Abbé Warré : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Warr%C3%A9                                   
  2. « L’apiculture pour tous », 12e édition : http://gueguen.sebastien.free.fr/Auto-suffisance/5%20-%20Connaissance/Apiculture/l.apiculture.pour.tous.-.a.warre.-.12ed.-.v.4.0.-.103p.pdf
  3. La naissance des abeilles : http://gauneau.marcel.pagesperso-orange.fr/Html/aberepro.htm