Dans quelle entreprise écologique travailler ?

Plaçons-nous dans la peau d’un individu qui voudrait librement choisir son emploi au début du XXIème siècle, en espérant limiter son impact et améliorer la durabilité de notre société.

La vision autrucho-pessimiste

Le bon fonctionnement de la vie en société occidentale, dépend de la croissance du PIB, possible grâce à l’usage d’énergie et de ressources de manière croissante également. Aucune croissance économique pérenne n’a eu lieu sans consommation de ressource croissante depuis la révolution industrielle du XIXème siècle.

Si la croissance économique s’arrêtais, il n’y aurais rapidement plus de nourriture dans les magasins, et la dette in-remboursable nous plongerait dans une crise économique majeure.

C’est la raison pour laquelle il n’est pas raisonnable de sortir volontairement de la croissance, sans agir ailleurs préalablement.

Mais chaque jour, notre société humaine génère des pollutions, en même temps qu’elle consomme de l’énergie, qui produit le CO2 qui modifie le climat.

En parallèle, nous avons perdu toute auto-suffisance alimentaire à l’échelle locale, ce qui nous rend extrêmement dépendant.

C’est ce dernier paramètre qui est nouveau, la dépendance. Toutes les crises, les guerres, les soubresauts de l’humanité, partout sur la planète avant le XIXème siècle, se sont produits dans des contextes où la principale source de nourriture et d’eau, mais aussi des savoir-faire secondaire très utile au quotidien, étaient gérés en quasi autonomie par les gens sur place.

Aujourd’hui dans un pays dit développés, le moindre petit village, la moindre famille, est sous perfusion : réseau d’eau potable, magasin ouvert du lundi au dimanche pour se nourrir.

Un monde d’opportunités infinies

La vision autrucho-pessimiste consiste à conclure que devant une telle situation, l’individu ne saurait rien faire de logique, qu’il vaut mieux ne pas penser, probablement pour éviter une sensation désagréable de peur ou de culpabilité, et rester “positif”.

Si vous avez la capacité de rester la tête dans un trou, félicitations, tous les job du monde sont ouverts à vous.

La vision autrucho-pessimiste, parfois sous ses apparences de favoriser l’innovation, est celle du statu-quo, c’est à dire à l’inverse qu’il faut changer le moins possible notre système de production de richesse. Mais cela se comprends. Avez-vous déja sérieusement réfléchi à la question de ce que vous feriez si là maintenant vous pouviez piloter précisément le peuple Français par exemple ? Il en est de même pour un directeur d’entreprise, il est loin d’être libre. Bien souvent, il doit écouler un maximum de produit impactant pour générer de quoi payer ses employés.

C’est extrêmement complexe de sortir de cette spirale à laquelle participent allègrement politique, entreprises, citoyens.

Eco-gestes et militantisme

Certains citoyens engagés économise alors les ressources, essaie de ne pas acheter d’emballages, de moins consommer, de ne pas prendre l’avion, de demander au président de la république de faire quelque chose.

Quand on demande quelque chose par la manifestation publique, on s’adresse parfois au président, mais qu’y peut-il ? Pas grand chose on dirait.

Alors on se dit que ce serait plutôt au peuple qui n’est pas dans la rue qu’il faudrait s’adresser, mais pour lui demander quoi ? Une révolution ? Pourquoi pas, mais on fait quoi demain ? Qui nourrit le peuple dans une semaine si on met pare-terre le système ?

Le militantisme a du bon, mais a ses limites. Il faut qu’il soit prolongé par des projets desquels les citoyens peuvent se saisir pour construire l’alternative à ce que l’on cherche à remplacer.

L’épée de Damoclès collective

Quel est le lien entre la production de biens, la confiance des marchés, le pétrole, et la nourriture dans nos assiettes ?

Notre agriculture, et l’industrie agro alimentaire nécessite de faramineuses quantités de pétrole, à toutes les étapes.

Le travail de la terre, les engrais, insecticides, fongicides, herbicides, les récoltes, le transport, le stockage, le transport, les transformations, le transport, l’emballage, la conservation, le transport, la commercialisation dans un supermarché. Et il n’y a rien d’aisément remplaçable là dedans, c’est une dépendance totale et verrouillée. Il est impossible de faire une simple transition vers des techniques de permacultures dans un champ de blé de plusieurs kilomètres dans la Beauce, non. Cela prendrait du temps, et ce n’est pas à l’ordre du jour

Il en résulte une impossibilité vitale pour la population d’accepter une véritable hausse des prix du pétrole. Alors que la plupart des gens ne perçoivent que son prix à la pompe à carburant, la réalité c’est que notre système est entièrement fondé sur un pétrole bon marché, de la station service à nos assiettes en passant par notre système de santé et même de défense.

Dès lors, si l’offre Française de produits, services, actions vendus sur le marché mondial diminuait, l’euro serait moins demandé, il perdrait de la valeur. Si l’euro perdait de la valeur, le prix du pétrole monterait, tout deviendrait plus cher, la rentabilité des investissements diminuerai en dessous d’un certain seuil, tout s’écroulerait par manque soudain de monnaie. Et ça, peu de personne ne le souhaite. Donc on remet sans cesse du charbon dans la machine.

On court de plus en plus vite dans la roue du hamster. C’est pourquoi nous sommes des millions à travailler dans des entreprises, très souvent polluantes, pour produire des choses globalement superflues et incohérentes avec le défi écologique en cours.

Il faut coûte que coûte continuer à exporter et vendre en euro des biens, services, actions, pour conserver une place sur le marché mondial.

C’est simplement le symptôme d’une économie qui a été dopée à l’énergie ; si on essaie d’enlever le doppant, c’est le bad trip.

Si on veut continuer à aller chercher à manger au magasin, il faut continuer à toujours produire plus, pour maintenir la croissance qui rembourse les investissements et permet les nouveaux, qui créé la monnaie et rendent possible notre économie.

Cette histoire n’est ni durable, ni glorieuse, ni innovante.

Le chef ne sert à rien

Et vous, vous feriez quoi à la place du chef ? Vous pourriez décider d’arrêter cette belle mécanique qui a maintenu la France dans les pays les plus créatifs et puissants du monde ? Décider sciemment de provoquer une crise économique majeure ?

En fait, nos dirigeants ne sont pas là pour gouverner, pour appliquer une vision à long terme ; ils sont là pour maintenir en vie la mécanique de notre société occidentale au quotidien. C’est tout.

Que faire alors ?

La réponse qu’on a alors envie de trouver c’est “quel emploi puis-je exercer pour trouver ma place dans cette situation incohérente” ?

Pour contribuer à une société plus durable, il est possible de s’investir dans une entreprise qui contribue à limiter la gravité des pollutions, à limiter les émissions de CO2, à inventer de nouvelles façons de produire de l’énergie.

Job qui limite les dégâts – le type A

Par limiter les dégâts, j’entend tout ce qui contribue à moins polluer par exemple. Tout ce qui est dans le domaine de la production d’énergie dite “verte” : éoliennes, photovoltaïques, solaire. Tout ce qui est dans le domaine des économies d’énergies, la mobilité douce : vélo, marche, trottinettes, voiture ou bus électrique, l’isolation des bâtiment, la construction de bâtiment passif (consomment très peu) ou positif (produisent).

L’éducation, la formation, la communication sont aussi des domaines centraux pour limiter les dégâts.

Il y a aussi la réduction et le tri des déchets, le ré-emploi, le recyclage.

Et enfin, la réduction de la dégradation des sols par les produits chimiques.

Les jobs de cette catégorie limitent les dégâts, mais malheureusement on a l’impression que cela ne fonctionne pas aussi bien que ce que l’on voudrait. Les solutions propres sont souvent plus compliquées ou plus chère, et peinent à se développer. Et quand on y arrive, on se rend compte que finalement elles ont parfois contribuées à la naissance d’un nouveau besoin, qui globalement génère plus de pollution qu’avant. Ou bien que cette solution s’appuie sur la consommation de ressources minérales qui se trouvent en stock limité. Y a-t-il plus convaincant ?

La vision d’une société durable.

Essayez d’imaginer une société durable, vraiment. De la décrire. De discuter avec votre entourage de cela, d’écrire sur papier comment elle fonctionnerait.

Rare sont ceux qui font cela. C’est un exercice qui impose de comprendre d’abord comment notre société est faite, comment les autres, ailleurs ou dans le passé, sont faites.

Et la prospective est quelque chose de complexe…

Et surtout, nous perdons le lien avec notre question de départ qui était une question pratico-pratique du quotidien, de recherche de sens personnel : qu’est-ce que je veux vraiment être ?

Entreprises A+

Bonne nouvelle, il existe des entreprises qui créent de véritable conditions de durabilité – le type A+

Pour créer de véritables conditions de durabilité, ce n’est pas sur les machines ou les produits qu’elles travaillent, c’est sur l’être humain lui même. Elles contribuent à ce qu’il retrouve sa place dans l’acte de vivre. Cela passe par des savoir-faire.

Elles proposent par exemple aux gens de les accompagner dans la construction de leur maison en bois, pour que les familles apprennent à faire, paient moins cher, obtiennent une maison peu gourmande en énergie et matériaux lors de la construction, peu gourmande en énergie à l’usage, et très durable. Ainsi, les familles apprennent à savoir-faire, participent à leur vie plutôt que d’aller travailler sur un sujet superflu, et faire faire construire à d’autres leur lieu de vie au prix fort.

Ces mêmes autres qui travaillent à faire la maison d’autrui, pendant que d’autres cultivent la terre pour eux, sans qu’ils n’en aient fichtrement rien à faire. Et en fait c’est comme ça que les citoyens sont hyperspécialisés dans une tâche, et ainsi sont assistés par les autres pour vivre.

Ce sont ces actes de sous-traitance permanents qui explique qu’on ne se rend pas compte des choix que nous faisons chaque jour. En sous traitant, on ignore comment les choses sont faites. Cela nous a conduit a consommer chacun l’équivalent de l’énergie produite par 400 esclaves. Chacun, Français, vivons comme si plus de 400 esclaves s’affairait autour de nous : https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/

Pour apprendre à cultiver la terre et à en faire son métier, il y a des paysans qui reçoivent en woofing des voyageurs de passages, ou des personnes en changement de vie. Ainsi ils transmettent régulièrement des connaissances à des personnes de passage en ce qui concerne le travail de la terre, le plus souvent respectueusement.

Il y a des formateurs en éco-construction, en permaculture, etc.

La triste réalité, c’est que les entreprises rentables sont rares et qu’il est difficile de gagner de l’argent dans un domaine qui crée de véritable conditions de durabilité en augmentant les savoir-faire des humains.

Un peuple de brute, inconscient de son ignorance

L’être humain occidental se considère supérieur aux autres parce qu’il a collectivement conquis et pillé les richesses naturelles, et qu’il s’est organisé de façon à conserver sa suprématie grâce à une croissance de la production de richesses humaines par les peuples tout entier qui constituent sa société, et a conquis par la force de sa technologie le tiers-monde.

Mais en réalité à l’échelle d’un individu, l’occidental moyen est un piètre incapable pour survivre dans la nature, imaginer une société d’humain, créer les conditions de la durabilité. Il n’en a pas grand chose à faire de ce que nous lèguent les révolutions agricoles, scientifiques et industrielles. Il vit égoïstement sa petite vie en se plaignant parfois des politiques. Il a beaucoup à apprendre, mais ne le sait pas ; c’est le propre des ignorants.

Entreprise libre

En fait, c’est dans la sphère non lucrative que les innovations, la recherche, l’expérimentation et les solutions sont en pleine croissance !

Là, il n’y a plus de conflit entre pertinence et rentabilité, tout est permis. C’est chez les particuliers, ou dans des jardins partagés que les méthodes de demain de productions de nourriture locale se dessine, et les précieux savoir-faire qui vont avec. C’est dans les terrains isolés, que des néo ruraux incarnent la sobriété heureuse. C’est à Notre Dame des Landes, ou dans des habitats participatifs, que des méthodes de gouvernance partagée s’expérimentent, il y a tellement d’expériences en cours !

Synthèse

La société occidentale nous offre des conditions de vie, de liberté, de santé jamais égalée durant toute l’Histoire de l’humanité. Mais elle présente des signes alarmant de non durabilité, que ce soit sur le plan des ressources, de la dégradation de l’environnement, et du changement climatique. Nous avons aussi vu que la particularité de cette époque, qui verrouille notre agilité collective, c’est notre incapacité à nous faire à manger ou à faire quoi que ce soit sans recourir à l’industrie et au pétrole.

Et sur ces points là, un citoyen motivé est en pleine capacité de produire des savoir-faire et les diffuser, pour limiter les dégâts maintenant, pour contribuer à une histoire positive du futur, et concrétiser la transition vers ce futur.

On a vu que la forêt brûlait et nous avons déversé de l’eau avec notre petit bec de colibris. Mais cette forêt brûle encore. Rejoignons maintenant ceux qui plantent des jeunes pousses d’arbre, fleurs, buissons, légumes de l’autre côté du fleuve, sur la colline d’en face, et déversons quelques gouttes d’eau également sur ces jeunes pousses, tout en continuant à déverser quelques gouttes sur l’incendie.

Chaque jeune pousse, chaque nouvelle connaissance et savoir-faire partagé profite à tout le monde.

Et si la croissance d’aujourd’hui a continué, que le monde est prospère, stable et sans pollution, nous n’aurons rien perdu si nous l’avons fait en prenant soin de nous, et avec un engagement certain, qui nous a fait ressentir le flux.

Conclusion

Au sein de notre société pétrologique, il y a très peu de métiers véritablement écologique. L’impact de l’activité de l’entreprise est la plupart du temps mauvais, et parfois moyen. Pour s’épanouir et envoyer du gros, mettre les watts dans quelque chose qui est vraiment écologique, il est donc le plus souvent nécessaire d’avoir un double approche pour piloter le choix d’un emploi : l’entreprise pour gagner de l’argent, et vos entreprises personnelles, qu’on nomme plus souvent “projets” :

Premièrement, choisir une entreprise dans laquelle vous ne serez pas brimé, où vous ne serez pas obligé de faire des choses que vous ne voulez pas faire, à travailler douze heures par jour. Il faut être respecté, et équilibré avec ses projets personnels. Choisir une entreprise de la catégorie décrite “qui limite les dégâts”, et idéalement de la deuxième, celle qui crée partiellement les conditions de durabilité, qui transmet des connaissances, qui donne l’occasion à des gens de vivre plutôt que de simplement acheter des choses et travailler pour gagner de l’argent.

Et deuxièmement, toujours au sein de l’entreprise, s’investir pour que celle-ci développe une activité qui “créé des conditions de durabilité”, en s’attachant à transmettre des savoir-faire à ses clients. Cela peut être une nouvelle activité au sein de la même entreprise. Vous vendez des légumes ? Pourquoi ne pas proposer des formations pour produire des légumes ? Vous vendez des vélos ? Animez des ateliers de réparations de vélos. Vous construisez des maisons ? Proposez à vos clients de leur apprendre à la construire eux-mêmes, etc

Troisièmement, conservez votre énergie pour des projets non lucratifs, vos projets personnels. C’est là que tout prend son sens. Faites-vous plaisir, trouvez du sens dans des projets novateurs, en partant de la base de chez base : nourriture et abris, c’est à dire habitat. Et là on peut se régaler à apprendre à savoir faire.

Laissez dire ceux qui considèrent que c’est un retour en arrière, on en reparle dans 50 ans pour vérifier si ça servait vraiment à rien ou non.

Les savoir-faire qui permettent de satisfaire nos besoins de base se sont progressivement adaptés au monde moderne, à savoir le monde industriel. Ainsi, nous ne savons plus construire de maisons ou même de simple cabane sans recourir à des matériaux transformés gourmands en énergie et en process. Nous ne savons même plus cultiver la terre.

Nous ne saurions plus non plus construire un moulin à vent, une charrette, un viaduc, un mur en pierre sèche, un bateau en bois, plus grand chose en fait.

Jeune Pousse Permaculture, ou comment construire du sens ?

La permaculture n’est pas une technique ou une méthode. La permaculture est d’abord un imaginaire de société durable, une idée autour de laquelle des êtres humains innovants se rassemblent depuis quelques décennies. Imprégnés de cette idée, ils expérimentent des techniques extrêmement efficaces et pleines de bons sens pour produire de la nourriture de manière respectueuse du sol ; et il n’y a pas que le potager, pleins de choses restent à dessiner dans l’idée d’une culture permanente, plein de choses restent à essayer, à diffuser, nous sommes au début d’une histoire. Une histoire de société. L’histoire d’une idée qui aura contribué, à une échelle encore inconnue, à la création d’un monde plus durable.

Pour en savoir plus : Le concept a été diffusé par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 1970.

Il faut simplement revenir vers la nature, toucher notre vulnérabilité d’être, redevenir élève de la vie, et apprendre. Le plus emblématique est de mettre les mains dans la terre, et progressivement expérimenter, s’imprégner des concepts, faire des essais, erreurs, partager avec d’autres.

Imaginez si les discussions devant la machine à café des entreprises, dans le métro, ou au journal télévisé tournait majoritairement autour de comment obtenir des belles carottes, comment faire un four à pain en terre, élever une poule, construire sa maison en bois ?

Mais l’idée de permaculture ne commence pas nécessairement dans la terre. Cela commence dans la nature, par la randonnée seul, la contemplation profonde. Puis l’examen de notre société extra-récente. A quels projets voulons-nous dédier notre unique vie ?

Ré-apprendre à s’extasier devant la beauté naturelle et à savoir-faire, sont deux piliers pour une vie écologique, sans ruiner le fun. Bricoler sa bagnole, construire un meuble, restaurer un vélo, etc, il faut commencer par apprendre à faire soi même des choses, pour moins dépendre, moins dépendre pour moins consommer, moins consommer pour moins travailler, moins travailler pour vivre plus.

Il ne tiens qu’à vous, si ce n’est pas déja le cas, de devenir une jeune pousse de l’histoire de la permaculture, et en écrire un chapitre.

Notre chaîne Youtube Jeune Pousse Permaculture est notre petite contribution, elle retrace semaine après semaine comment nous avons créé un potager productif en quelques mois sur notre temps libre, et comment nous avons installé des abeilles et des poules également, allez y faire un tour et abonnez-vous pour nous aider à partager cela à plus de gens !

Est-ce que l’idée vous plaît ? Que faites vous de votre côté ? Qu’est-ce qui vous empêche d’en faire autant que vous aimeriez ? Je suis intéressé par vos réponses, écrivez-moi en commentaires , à très bientôt.

Cédric Giral – blog jeune pousse permaculture

 

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