Installer des ruches : l’essaimage

La suite de l’aventure, toujours avec notre apicultrice passionnée qui nous explique tout, merci Nathalie !

Printemps 2019 : les abeilles en grande forme !

La production de miel mais aussi l’essaimage ont démarré tôt cette année au rucher dont seront issus les essaims des Jeunes Pousses. La raison est climatique, mais aussi liée à certaines souches de nature très essaimeuse qui avaient été piégées au printemps dernier.

Comment ça se passe ? (petit rappel)

Certaines reines de plus d’un an ont quitté leur ruche (mi-mars cette année à Auriol), entraînant avec elles une bonne moitié de la population de l’essaim d’origine. On y trouve des abeilles de tous âges : des nourrices et des cirières n’ayant encore jamais quitté le domicile, des butineuses dont certaines sont encore chargées de leurs ballots de pollen, mais aussi des mâles, les faux-bourdons, qui serviront de « climatiseurs » pour réchauffer ou rafraichir le nouveau nid. Ainsi doté, l’essaim d’essaimage est prêt (en principe) pour rapidement refonder une colonie avec une population complète.

Juste avant leur départ, les avettes se sont gavées de miel afin de tenir le coup quelques jours et surtout d’avoir assez d’énergie pour recréer des rayons de cire une fois le nouveau nid trouvé. C’est la raison pour laquelle il n’y a quasi pas de risque de piqure avec ce type d’essaim (sauf si on met les mains dedans brusquement… (>>  du vécu L), car il est lourd de son chargement de provisions, et aussi stressé car littéralement en danger de mort : en effet si très rapidement après sa sortie il ne trouve pas de nouveau logis, il est voué à une mort certaine. Il est estimé que moins de 25% d’essaims non récupérés par les apiculteurs sont estimés viables.

Une fois sorti de sa ruche, l’essaim s’agglutine rapidement sous forme de boule, accroché à une branche d’arbre ou tout autre support, à quelques mètres seulement de son lieu de départ. Il peut rester ainsi de quelques dizaines de minutes à quelques heures. Dans cette boule les abeilles sont calmes, la reine est protégée dans cette masse, et on peut observer sur la périphérie des abeilles qui vibrent, se « secouent » frénétiquement en formant des cercles. Il s’agit des éclaireuses, qui ont pour mission de trouver un nouvel abri à la colonie en inspectant une superficie d’une soixantaine de km2 alentour.

Quand l’une ou plusieurs d’entre elles dénichent un endroit, elles reviennent sur l’essaim pour communiquer les coordonnées « GPS» du lieu en vibrant tout en marchant en surface du groupe. Cette modalité est aussi utilisée dans la ruche quand les butineuses indiquent aux ouvrières la localisation d’une zone de miellée, de pollens ou d’eau.

 

La démocratie chez les abeilles

La particularité de l’organisation des abeilles lors de l’essaimage _ mais pas seulement _ réside dans sa forme très démocratique. En effet, si plusieurs éclaireuses identifient des endroits différents, elles se trouvent en concurrence pour convaincre la colonie. D’autres éclaireuses vont alors se déplacer vers les lieux indiqués, pour vérifier les informations, et c’est en fonction de la réaction positive du plus grand nombre de ces éclaireuses que l’ensemble de l’essaim fera son choix : ainsi la majorité l’emporte.  Notons que les choix des abeilles en tant qu’individus se font uniquement dans l’objectif du bien commun, lié à la survie de l’ensemble, nous sommes donc bien dans une forme de véritable démocratie !

Les éclaireuses accompagnent ensuite l’essaim pendant son vol, le canalisant vers sa destination.

Voici un ouvrage très intéressant sur le sujet, où non seulement les décisions collectives des abeilles ont été étudiées, mais aussi des comparaisons avec d’autres espèces, dont les mammifères, sur les similitudes dans leurs stimulis neuronaux :

https://www.quae.com/produit/1427/9782759226016/la-democratie-chez-les-abeilles

 

 

 

 

Il existe plusieurs sortes d’essaimage naturel :

Quand la vieille reine fait partie du voyage, on appelle cet essaim un « essaim primaire ». Mais il arrive que d’autres essaims, plus petits, partent les jours suivants de la même ruche, accompagnant une reine qui vient tout juste de naître. Ce sont des essaims « secondaires », voire « tertiaires ». Dans ces cas-là, les reines sont vierges, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas eu le temps de procéder à leur vol nuptial pour être fécondées, et devront donc effectuer celui-ci une fois le nouveau domicile trouvé.

La raison de ce type d’essaimage est due au fait que la première reine vierge née juste après le départ de l’essaim primaire (avec la vieille reine) n’a pas tué toutes ses sœurs, comme c’est normalement le cas, car elle en a été empêchée par l’essaim. Les raisons sont liées à une instabilité climatique qui peut avoir retardé le départ prévu de la vieille reine, et donc maintenu l’essaim en état de « fièvre essaimeuse ».

 

Quelles solutions pour l’apiculteur ?

Pour limiter l’essaimage, car il affaiblit les essaims de production, pour les professionnels, et peut entrainer la perte des reines de sélections, pour tous, l’apiculteur effectue des contrôles hebdomadaires de ses ruches afin de vérifier la création ou pas de cellules royales. S’il en trouve il les détruit, ou peut les récupérer pour les intégrer dans des ruches orphelines. Mais l’essaimage naturel peut aussi être limité en amont, en créant des « essaims artificiels » : dans ce cas, c’est l’apiculteur qui dissocie les essaims et génère la création de nouvelles reines, avant que la nature ne le fasse.

 

Le rucher des Jeunes Pousses : démarrage dans les 15 jours à venir !

C’est la méthode qui va être utilisée d’ici fin avril pour la création des deux premières ruches du rucher des Jeunes Pousses. On va filmer la manip, ne ratez pas l’expérience J !

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