Les 7 critères pour installer une ruche chez soi

Vous êtes aussi intéressé par les abeilles ? Vous hésitez à installer une ruche dans votre jardin ?

Nathalie nous a écrit les sept critères à prendre en compte pour installer une ruche chez nous, régalez-vous 🙂  :

1 – Orientation 

L’entrée des ruches est de préférence orientée vers le sud pour favoriser son réchauffement le matin. Bien entendu les abeilles peuvent parfaitement s’adapter à d’autres orientations, mais l’ensoleillement matinal déclenchera plus rapidement l’activité de l’essaim.

Certains apiculteurs préconisent une orientation sud-est cependant, en hiver, le plein sud permet à la ruche de capter la chaleur solaire durant une plus longue partie de la journée.

Les ruches ne seront pas exposées face aux vents dominants. Un arbuste ou haie à proximité peut les abriter du vent et aussi des périodes de canicule.

2 – Zone d’envol

Une zone d’envol libre de trois à cinq mètres devant l’entrée facilitera les va-et-vient des butineuses. Elles s’adapteront à des obstacles, mais ce sont autant de freins à leur envol.

Précisons que l’apiculteur ne s’approche pas des ruches de face, mais par l’arrière ou latéralement, afin de ne pas déranger les entrées et sorties des butineuses, et éviter les collisions.

3 – L’aération

Les ruches sont posées à une vingtaine de cm du sol, minimum, sur des parpaings ou moellons permettant l’aération par la grille du plancher de nos modèles Warré.

Il faut veiller à désherber le dessous (pour l’aération) et l’avant de la ruche pour que les abeilles qui peuvent chuter au retour du butinage ne soient pas piégées dans les herbes.

Le terrain étant légèrement en pente, la stabilité sera vérifiée avec un niveau lors de l’installation.

4 – L’eau

On estime que les butineuses font entrer de 10 à 30 litres d’eau par an dans la ruche, selon les environnements, pour nourrir les larves, ouvrières et reine.

Mais l’essaim n’apprécie pas la condensation dans son habitat, qui peut dérégler la thermorégulation du nid et entraîner le développement de moisissures sur les cadres, ainsi que des maladies. L’aération est donc l’un des facteurs importants de la bonne santé des essaims.

Un point d’eau proche du rucher est essentiel. Sinon les abeilles pourront visiter les piscines du voisinage (qui contiennent souvent du chlore, nocif pour les abeilles), ou s’éloigner jusqu’à plusieurs kilomètres pour trouver le précieux breuvage et donc multiplier les contraintes pour leur survie.

Un abreuvoir de poulailler avec réservoir ou un simple bac d’eau propre feront l’affaire. Du sable ou cailloux de rivière (préférable à des brindilles qui se décomposeront), affleurant en surface éviteront les noyades, fréquentes. Il semble aussi que les récipients bleus les attirent[1]

5 – La zone de nourriture

Il est estimé que les abeilles butinent dans un périmètre d’aisance allant de 500 mètres jusqu’à 3 ou 4 km, qui peut s’étendre à une dizaine de km en cas de pénurie de nourriture.

Sous nos climats tempérés, une moyenne de 5 ruches par km2 est raisonnable pour l’apport nécessaire de nectars et pollens, sachant que la littérature apicole annonce des besoins en pollen, indispensable aliment protéiné, allant de 20 à 40 kg par essaim…

Autour de la Sainte Baume, nos abeilles produiront du miel de garrigue (romarin, thym et autres végétaux mellifères de nos collines), et iront plus que certainement butiner dans les jardins des villas avoisinantes !

Nous apporterons un complément alimentaire l’hiver, de pains de sucre candi dont nous pourrons tester plusieurs recettes. Nous donnerons du sirop de sucre d’avril à septembre, si nécessaire et hors périodes de récolte le cas échéant.

6 – Distances avec le voisinage

Pour les distances à respecter avec le voisinage, le code rural indique qu’il n’y a pas de contrainte de distance si les ruches sont séparées du voisinage par un mur ou une haie vive de 2m de haut, sur 2m de chaque côté des ruches.

Cependant des arrêtés préfectoraux ou municipaux peuvent compléter cette législation. Pour le Var l’arrêté est le suivant[2] :

Arrêté préfectoral

 

Note : Plusieurs races d’abeilles existent, naturelles ou hybrides, et présentent des comportements différents, en particulier pour la douceur (le fait de ne pas, ou peu, piquer). Nous allons nous efforcer de sélectionner des abeilles présentant cette spécificité, afin de limiter les risques de piqûres et de favoriser aussi d’autres comportements spécifiques des essaims (peu d’essaimage, bonne productivité, peu de consommation en hiver…). Un article développera ce thème.

7 – La télédéclaration du rucher

Pour les amateurs comme pour les pros, elle doit se faire une fois les ruches installées, puis de septembre à décembre de l’année en cours via le document suivant : https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

La déclaration génère un numéro d’apiculteur (NAPI).

Si par la suite les produits du rucher ont vocation à être vendus, il sera nécessaire d’obtenir un numéro de Siret, et de tenir un cahier d’élevage et de miellerie (que nous tiendrons quoi qu’il en soit car c’est un historique très pratique pour le suivi les colonies).

Nathalie

Si cet article vous a plu, vous pouvez remercier Nathalie qui nous partage sa passion et ses connaissances avec un grand plaisir. 

Et bien sûr vous pouvez poser toutes vos questions en commentaires, à bientôt avec les prochains articles et les prochaines vidéos !

Cédric

[1] Les abeilles distinguent les couleurs, dans les tons de bleus, de verts (vert très clair pour le jaune) et les ultraviolets.

[2] http://www.api-douceur.com/IMG/pdf/arretes-prefectoraux.pdf

[3] http://www.mesdemarches.agriculture.gouv.fr/demarches/particulier/effectuer-une-declaration-55/article/declarer-la-detention-et-l?id_rubrique=55

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