Vidéo – Cette configuration où la butte n’est pas adaptée à la permaculture

Avantage de la butte en bref

Le principe de la butte en permaculture est bien connue.

Et pour cause, c’est une approche très efficace, rapidement productive, et qui s’adapte à beaucoup d’endroit.

Seulement voilà, il est intéressant de comprendre pourquoi on ferait une butte, ses avantages, et ses inconvénients.

Vidéo à propos de notre expérience de terrain caillouteux

Objectif et priorités de la zone à créer ?

Donc revenons juste un pas en arrière, que voulez-vous faire ?

Vous voulez probablement créer un sol meuble, fertile, vivant, autonome ; c’est à dire qui entretient sa fertilité et qui n’a besoin de rien d’autre que la vie du sol, vos restes de cuisine, votre paillage et la biodiversité qui meure sur place.

Mais chaque configuration est différente, parlons-donc de la nôtre :

Terrain en pente vers le sud-ouest, très sec et très drainant, dans une région très ensoleillée, et exposée au vent sec (mistral).  

L’autonomie en eau de la zone de culture est clairement le défi le plus exigeant.

Pour tout le reste, y compris la facilité de mise en oeuvre au départ, une butte est plus facile.

Façonner son autonomie en eau ?

Ici la butte voudrait dire plus d’arrosage. Et plus d’arrosage ça veut dire plus de fragilité du système. Cela veut dire une zone de culture dépendante de notre arrosage quotidien l’été.

Plus généralement, cela veut dire une méthode de culture dépendante d’un réseau d’eau public.

En effet, aujourd’hui, nous faisons partie de l’immense majorité des citoyens à ne pas savoir vivre sans le réseau d’eau public.

Une culture humaine permanente est par définition solide, donc elle ne dépend pas de trop d’éléments fragiles.

Dans l’idée de contribuer aux savoir-faire permaculturels au sens que je l’entends, je préfère donc concevoir et construire des systèmes qui allègent notre poids, plutôt que des systèmes encore dépendants, fragiles, transitoires.

Vu le contexte écologique, et la transition en cours, quand on a le choix de contribuer à la résilience de notre mode de vie, plus souvent qu’on ne le pense, pourquoi se priver ? Méconnaissance, désespoir, flemme, déni, … ? 

Allez on y va :

CONCRÈTEMENT ON FAIT COMMENT ?

Le but premier, c’est donc de créer une zone dans laquelle on puisse faire pousser des légumes.

On ne s’en rend pas bien compte sur les images de chez nous, mais la pioche rebondit sur les cailloux un coup sur deux, parfois même sur la roche mère, c’est impressionnant …

Mais comme vous l’aurez peut-être pré-senti, ou vu dans la vidéo, dans cette zone plein soleil, nous n’avons pas choisi de faire une butte.

Pour revenir sur l’aspect “technique” du truc : Si une butte est réalisée sur une zone étanche ou à forte capacité de retenir l’eau (du béton, de la terre argileuse, une zone humide, etc) alors on a pas le soucis dont je parle ici.

Notre configuration c’est le contraire, notre sol est une passoire à flotte, même quand il pleut très fort, il n’y a pas une goutte d’eau sur le sol, ça s’enfonce immédiatement.

Maintenant qu’on a vu la quantité de cailloux, on comprends pourquoi. En effet, chaque caillou crée des interstices autour desquels l’eau peut s’infiltrer.

Donc réaliser une butte là dessus ça aurait donné un truc comme ça :

Par gravité, et par capillarité, l’eau et les oligo-éléments migrent vers le bas et vers les côtés.

En outre, le séchage par le soleil et le vent sont accélérés en comparaison d’une zone à plat. En effet, cette butte présente une plus grande surface d’évaporation pour un volume donné cultivable.

Au tout début on s’était dit qu’on allait, et on nous l’a conseillé, capter l’eau avec des creux, qu’on appelle baissière*. Mais que nenni, il n’y a pas d’eau en surface quand il pleut, déja, et même s’il y en avait ça arrive qu’il ne pleuve même pas une fois entre juin et septembre donc l’efficacité du truc euh …

On donc préféré créer ça :

Alors pour l’instant il n’y a que la zone amont qui est en caillou, mais la zone aval sera faite également, en créant une seconde zone de culture en contre bas.

La grande différence, c’est que notre zone de culture, qui est le réservoir d’eau, est enterrée.

Le fait d’être enterrée ne dispense pas de dissiper généreusement son humidité à la terre environnante, par capillarité. Même pleine de cailloux, la terre à cette faculté de faire circuler de l’eau à l’horizontale. C’est notamment l’argile qui équilibre l’humidité.

Illustration du phénomène qui pose problème :

Mais ce phénomène intéressant est à éviter dans notre cas, on préfère conserver l’humidité dans la zone de culture, ou en profondeur, mais pas sur les côtés. On a donc rompu cette capillarité, c’est pour ça qu’il y a les zones en cailloux sur les côtés.

L’avantage de ces cailloux, c’est aussi de mettre à l’ombre, au frais, et à l’abri du vent, la zone qui jouxte la zone de culture, ainsi l’humidité est conservée au fond.

Nous avons choisi cette technique car ce sont les matériaux trouvés sur place. Nous n’aurions jamais été cherché tous ces cailloux exprès pour ça !

Plus tard nous ferons peut être une butte dans une zone à mi-ombre en contrebas.

Et vous, quelles sont vos techniques de culture ? Partagez ça dans les commentaires pour que les prochains lecteurs en profitent !

Bon jardinage, à bientôt !

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