Vidéo – Planter de l’Ail, et azote : industrie ou fabacées ?

Vidéo de plantation de l’ail et des fèves :

Ail

Pour planter l’ail, il suffit de séparer les gousses et de faire apparaître la jeune pousse. Jeune pousse que l’on positionnera vers le haut au moment de l’enfoncer dans la terre.

Une fois enfoncée dans la terre, faire un petit arrosage, puis humidifier légèrement de temps en temps. L’ail n’apprécie pas l’humidité permanente donc il faut y aller mollo.

Sur une zone on a paillé avec 5cm de paille, et une semaine après juste à côté on en a mis d’autres et nous n’avons pas paillé, c’est sorti dans les deux cas.

Donc il vaut mieux pailler, pour favoriser la vie du sol, y compris celle les bactéries dont nous allons voir une des raisons juste après.

Le paillage permet également de protéger le sol des intempéries, de l’érosion, des UV, de la création d’une croûte, de la pousse d’herbes non invitées (merci Claire, qui se reconnaîtra, pour ce terme juste !), etc.

Azote

Gérard Ducerf[i] explique que « Si les plantes photo-synthétisent d’énormes quantités de sucres (…) elles ont par contre beaucoup de difficulté à s’approprier les 1,5% d’azote, N dont elles ont besoin pour synthétiser notamment les acides aminés.

Elles sont donc obligées de passer par les services de bactéries aérobies du sol : les azotobacters et les bactéries nitrifiantes. Les unes fixent l’azote atmosphérique N2 et les autres le rendent assimilable par les plantes en le transformant en nitrates. »

Comment apporter ce précieux azote ? Ne pourrait-on pas se passer de ces bactéries ?

L’approche XXème siècle pour apporter de l’azote :

  1. Régulièrement utiliser des fongicides, bactéricides et insecticides pour être certain d’avoir nettoyé le sol.
  2. Fabriquer industriellement ce qui nous manque (usine à gaz) et le répandre :

On peut lire sur le site d’un industriel[ii] :  «Les engrais azotés représentent dans l’industrie mondiale 100 millions de tonnes de divers produits par an.

Les engrais azotés comprennent de nombreux types de produits liquides et solides, parmi lesquels les plus communs sont l’ammoniac (NH3), le nitrate d’ammonium et l’urée.

(…) Cela se passe à haute pression et température en utilisant le procédé de Haber (200-400 bars et environ 450 °C). L’ammoniac anhydre est stocké sous forme liquide sous pression ou réfrigéré.

Pour faciliter sa manipulation, il est souvent converti dans d’autres types d’engrais. Dans la première étape, l’acide nitrique est produit à partir d’un mélange d’ammoniac et air suivi de l’absorption de l’oxyde nitrique gazeux dans l’eau.

L’acide nitrique concentré (50 à 70%) et l’ammoniac gazeux sont ensuite mélangés dans un réservoir et une réaction de neutralisation se produit à 100-180°C, ce qui conduit au nitrate d’ammonium.

Un autre engrais azoté très utilisé est l’urée qui est produite par la réaction de l’ammoniac avec du dioxyde de carbone à haute pression. Le nitrate d’ammonium et l’urée peuvent tous les deux être ensuite concentrés et convertis en solides (pastilles ou granulés). Il est possible aussi de combiner l’urée avec une solution de nitrate d’ammonium pour fabriquer une solution d’urée de nitrate d’ammonium ou UAN. »

 

Ce processus n’est-il pas en train de nous proposer de produire du CO2 en forant la planète et en cramant du gaz pour nous vendre de l’air et de la pisse, sous forme assimilable par la plante ?

Est-ce qu’on a vérifié qu’il n’y a pas plus astucieux ?

Une approche durable pour apporter l’azote :

Dans un article de binette-et-cornichon[iii] (et oui là tout de suite ça fait moins sérieux ^^), on peut lire une brève et qualitative explication de l’alternative :

« Certaines plantes (ndlr Fabacées, ou légumineuses, particulièrement) ont la capacité de prélever l’azote de l’air et de le restituer dans le sol au niveau des racines. L’azote étant un élément fertilisant important avec le potassium et le phosphate.

En réalité c’est le résultat d’une symbiose avec diverses bactéries présentent dans le sol. Celles-ci infectent la plante au niveau des racines et forment des nodosités (…)

La plante fournie de l’énergie issue de la photosynthèse et des sucres. En retour, les bactéries fournissent des acides aminés. De l’azote est ainsi produit lors de ces échanges. Il se retrouve alors dans le sol ou stocké par la plante (1). »

Les fèves

Dans la famille des fabacées, qui poussent très bien, et qui se mangent, on a les fèves ! « Engrais vert » car fixatrice d’azote, elles distribuent de l’azote dans le sol pendant leur vie.

Elles apportent également de la biomasse aérienne et sous-terraine à une période où le potager a besoin d’être occupé. A sa fin de vie, ses racines, feuilles et branches se décomposeront sur place, et amendent le sol, tout en l’aérant (espaces vides laissées par les racines).

Cela favorise le cercle vertueux d’un sol vivant.

Rappelons que l’air atmosphérique est constitué principalement d’azote, environ 5 fois plus que d’oxygène : (78% de diazote, 21% de dioxygène , 1% d’autre gaz.

La solution du XXème siècle ne pouvait donc qu’être provisoire !

Frein politique versus action individuelle ?

Seulement voilà, la dure tâche de nos collectivités c’est de gérer leur budget, maintenir une économie en bonne santé. Et au XXème siècle, une économie en bonne santé c’est « la valeur totale de la production de richesse »[iv].

Sauf que récupérer de l’eau de pluie, planter des fèves, installer des ruches, et même aider quelqu’un, donner un concert gratuit, isoler sa maison en paille, manger des plantes sauvages, se déplacer en vélo etc etc. ne sont pas comptabilisés comme production de richesse dans ce PIB.

Ces actions de plus en plus populaires, doivent être COMPENSÉES quelque part, pour créer cette richesse qu’il manque pour alimenter la bête.

Ca m’attriste et me met en colère cette absurdité, je pense qu’on tourne autour du pot au lieu de prendre ce taureau par les cornes.

Les solutions techniques existent à 99% si nous observons bien, on a bien sûr encore quelques trucs à découvrir, mais le reste c’est juste de vaincre cette procrastination, c’est de s’y mettre et se fédérer autour de l’apprentissage, rejoindre les initiatives, ou associations existantes ; et rapidement, les collectivités viendraient en soutien aux initiatives citoyennes si la dynamique était plus forte.

Un démarrage possible à l’échelle individuelle, puisque ce n’est pas encore au programme officiel d’apprendre à vivre avec moins d’industrie (nourriture, logement, santé, gouvernance, etc : comment ça se fait ?), je crois que c’est d’apprendre à savoir-faire, pour diminuer notre poids, notre dépendance, en augmentant nos connaissances et nos actions sur les besoins basiques (eau, nourriture, logement, gouvernance, santé) et ainsi notre capacité à coopérer.

Et vous vous en pensez quoi? Dites-le en commentaires, merci.

Bonne journée !

Ps : « J’ai tellement appris de mes erreurs, que j’espère en faire d’autres » disait Bill Mollison[v], c’est relaxant 😊

Mais sachez que Damien Dekarz[vi] dit aussi avoir remarqué que les fabacées et alliacées poussent moins bien ensemble que séparément.

En général il sait de quoi il parle. Donc peut-être essayez de faire les deux, ensemble et séparé.

Ainsi, vous allez voir ce que ça donne chez vous. Ca me fait penser qu’on aurait pu en replanter ailleurs après avoir appris ce retour d’expérience, allez vite au jardin, il nous en reste à planter !

 

 

[i] L’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales : Guide de diagnostic des sols Volume 1. Editions Pomotaure. Vol 1. https://www.promonature.com/produit/pack-3-volumes-de-encyclopedie-des-plantes-bio-indicatrices

 

[ii] http://guichon-vannes.com/engrais-azotes/

 

[iii] http://binette-et-cornichon.com/a/fixation-azote/

 

[iv] https://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

 

[v] Livre « Introduction à la Permaculture » de Bill Mollison, aux éditions Paserelle Eco http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1708

 

[vi] Livre « La permaculture au jardin mois par mois » aux éditions Terran https://www.terran.fr/permaculture-jardin-mois-par-mois-dekarz-livre-editions-terran.html

 

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